Nous sommes le 3 janvier 2025 à Caracas, et à 1 h 50 du matin, les premières explosions retentissent dans la capitale du Venezuela.
Parmi les cibles visées figure un complexe ultra‑sécurisé où le président Nicolás Maduro et son épouse sont cachés.
L’offensive américaine est une surprise totale, autant pour le couple présidentiel que pour la communauté internationale.
Mais sur les réseaux sociaux, on soupçonne rapidement un proche du pouvoir américain d’avoir laissé filtrer des signes annonciateurs de l’assaut sur la plateforme de paris Polymarket.
La source des soupçons
Un compte anonyme est rapidement pointé du doigt : « Burdensome-Mix ». Tout juste créé en décembre 2025, il a subitement misé des dizaines de milliers de dollars sur des marchés comme « Maduro out avant le 31 janvier 2026 ? » ou encore « Les États-Unis vont-ils envahir le Venezuela avant le 31 janvier 2026 ? ».
Les plus grosses mises sont enregistrées quelques heures à peine avant les premières explosions, alors que la probabilité n’était encore estimée qu’à environ 8 %, avant de grimper brutalement.
Le doute se répand très vite, et un tweet du conseiller en communication politique Tyson Brody vient cristalliser les soupçons : un « insider » de l’opération vient‑il de parier sur Polymarket ?
Le timing apparaît pour le moins suspect et certains y voient la preuve évidente d’un possible délit d’initié, même si, pour l’heure, aucune information n’a filtré sur l’identité réelle du parieur qui a empoché 400 000 dollars de gains.
Face au tollé, le représentant Ritchie Torres a décidé de s’attaquer au problème. L’élu démocrate a déposé, le 5 janvier 2025, une proposition de loi visant à restreindre fortement l’accès des employés du gouvernement américain à ce type de paris sur les marchés de prédiction.
Ce que propose la future loi
Le texte, baptisé « Loi de 2026 sur l’intégrité publique dans les marchés de prédiction financière » (Public Integrity in Financial Prediction Markets Act of 2026), prévoit que les employés du gouvernement ne peuvent pas participer à un pari s’ils détiennent des « informations importantes non publiques pertinentes à une telle transaction couverte. »
La mesure vise aussi les agents qui, même sans avoir un accès direct à des documents sensibles, « peuvent raisonnablement obtenir de telles informations non publiques dans le cadre de leurs fonctions officielles », par exemple en réunion ou lors de discussions informelles.
Les catégories d’employés mentionnées dans le texte incluent les élus, les personnes nommées à des postes politiques ainsi que les employés du pouvoir exécutif fédéral.
Polymarket et le délit d’initiés
Si ses chances d’aboutir restent inconnues, cette proposition de loi a le mérite de mettre en lumière une question centrale qui entoure les plateformes comme Polymarket : peut‑on réellement accepter ce type de délit d’initié, même déguisé en pari ?
Ce questionnement arrive au moment où, après des années d’interdiction, une version régulée de Polymarket est à nouveau accessible aux États‑Unis depuis la fin 2025.
Car contrairement aux marchés financiers classiques, qui interdisent formellement les délits d’initiés, des plateformes comme Polymarket intègrent l’avantage informationnel au cœur même de leur modèle. Ceux qui disposent d’informations plus précises ou plus rapides que le reste du marché permettent transformer ces signaux en indicateur des tendances futures.
Un tel baromètre s’applique aussi bien aux lancements tech, aux scrutins électoraux qu’aux issues potentielles des grands conflits géopolitiques contemporains.
Au moment où ces lignes sont écrites, le 7 janvier 2025, à la question « Trump va‑t‑il obtenir le Groenland avant 2027 ? », les parieurs évaluent la probabilité autour de 15 %.
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