Il n’aimait pas la voiture électrique. Il s’y est mis. Et puis…le premier long trajet ne l’a pas emballé. La chronique de François Lenglet sur RTL a été décortiqué dans l’édito Watt Else du 3 septembre.

La voiture électrique a et aura toujours ses détracteurs, y compris dans l’espace médiatique. À chaque reportage à charge ou chronique défavorable, mes messageries sur les réseaux sociaux connaissent généralement un pic d’activité. C’est pratique : j’ai ainsi une veille gratuite sur ce qui provoque l’indignation de la communauté des électromobilistes.

C’était encore le cas ce mercredi à la suite d’une intervention de François Lenglet sur RTL. Mais si certaines séquences méritent un décryptage minutieux (un « débunk » dans le jargon) pour corriger des éléments trompeurs, la chronique RTL de mercredi est différente. Elle était néanmoins suffisamment poil à gratter pour me faire changer le sujet de l’édito Watt Else à la dernière minute.

Une chute pour le moins surprenante

Depuis plusieurs années, François Lenglet n’a cessé de critiquer la voiture électrique à coups de « c’est trop cher », « personne n’en veut », « pas assez de bornes », « autonomie insuffisante », « trop contraignant »… Tous les poncifs y sont passés. Alors quand sa chronique de mercredi débute par « Je ne suis pas un fan de la voiture électrique », on n’est clairement pas surpris.

Chronique de François Lenglet // Source : Capture du live RTL
Chronique de François Lenglet // Source : Capture du live RTL

La suite, en revanche, a failli me faire tomber de ma chaise : « Je m’y suis pourtant mis. » Comment ça, François ? Une expression me vient immédiatement en tête. Je ne l’écrirai pas ici, mais elle concerne ceux qui finissent par changer d’avis. Après tout, ils sont nombreux à avoir suivi le même parcours, quittant le côté obscur de la Force pour découvrir une autre façon de rouler. J’en connais beaucoup qui me juraient ne pas pouvoir se passer du son d’un moteur et qui roulent depuis en électrique au quotidien.

Comme le veut l’expression consacrée : il ne faut pas dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau ». Ça n’empêche évidemment pas d’émettre des critiques sur l’électrique. Mais jusqu’à présent, la manière dont François Lenglet abordait le sujet pouvait donner l’impression d’une certaine méconnaissance de la réalité du terrain. Ça pourrait changer. Enfin, pas tout de suite, apparemment ! 

Tout allait bien jusqu’au « mais »

Comme s’il s’attendait à devoir justifier son choix auprès de ceux qui considèrent qu’il a trahi le camp du thermique, il a dégainé ses arguments : gratuité du stationnement dans Paris pour les VE de moins de 2 tonnes, prix du carburant, impact écologique, expérience convaincante au quotidien et conduite « incontestablement plus agréable ». Difficile à croire qu’il s’agissait du même éditorialiste. Un « mais » nous attendait pourtant au tournant. 

Un long trajet à destination du Mont-Ventoux a fait remonter la peur de la panne, typique des débutants (je l’avais aussi en 2017). Les frictions de la recharge rapide en période de grands départs ont fini de gâcher l’expérience. On peut juger que le récit exagère les faits, c’est vrai, c’est aussi le rôle de l’éditorialiste. Pour moi, il est surtout le témoignage d’un rookie qui tâtonne sur le sujet et commet des erreurs évitables. Il y a de très bons contenus sur le sujet sur Numerama, ainsi que sur de nombreuses chaînes Youtube qui accompagnent les débutants. 

Station Total avec 4 points de charge // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Station Total avec 4 points de charge // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Le rôle de la voiture dans ce bilan 

Ce que François Lenglet ne dit pas, c’est avec quelle voiture il a fait ce trajet. C’est son droit, surtout si c’est bien sa voiture personnelle comme il le suggère. Malgré tout, c’est aussi l’élément qui peut transformer l’expérience. On l’a déjà vu avec les reportages de JT qui partent en vacances en Citroën ë-C3. Rien d’impossible, c’est juste comme se lancer dans un marathon avec des chaussures une à deux pointures trop petites. 

Mes confrères de Survoltés ont fait l’hypothèse d’une Tesla. J’en doute : le récit aurait probablement été différent. Malgré les références au planificateur et aux Superchargeurs, je parierais plutôt sur une Renault Mégane ou un Scénic (à petite batterie), au vu des quelques données d’autonomie communiquées. 

Reste un mystère : quel planificateur envoie sur une station saturée avec près d’une heure d’attente ? Enfin, si cette partie de l’histoire est vraie. Je suis aussi désormais curieuse de découvrir ses prochaines chroniques sur la voiture électrique.

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