Les États-Unis ont déjà mis en place plusieurs lois pour empêcher les constructeurs chinois d’entrer sur leur marché automobile. Un sénateur américain, le républicain Bernie Moreno, veut cependant aller encore plus loin.

Le marché automobile américain est aujourd’hui quasiment fermé aux constructeurs chinois. Dans un contexte de tensions économiques et technologiques avec la Chine, la pression monte pour contenir ce qui est jugé comme une menace. Bernie Moreno, un sénateur républicain au discours peu diplomatique, qualifie carrément les voitures chinoises de « cancer qui infecte les économies » sur X (ex-Twitter). L’homme politique appelle à une interdiction totale, y compris au-delà des frontières américaines.

Pour bloquer les constructeurs chinois, les États-Unis ont déjà mis en place plusieurs barrières : des droits de douane prohibitifs (à l’efficacité discutable), des restrictions sur les technologies embarquées et des règles concernant les données des acheteurs américains. Le pays a progressivement verrouillé son territoire face à une industrie chinoise jugée trop intrusive et très compétitive.

Une offensive politique qui dépasse l’automobile et les États-Unis

Le sénateur s’exprimait le 1er avril 2026 lors d’un forum automobile en amont du Salon international de l’automobile de New York. Il y déclarait que son projet de loi irait plus loin que la simple interdiction des importations déjà mise en place par l’administration Biden. D’après Reuters, il souhaite « qu’il n’y ait jamais de scénario où une automobile chinoise entre sur notre marché, qu’il s’agisse de matériel, de logiciels ou de partenariats. »

Discours de Joe Biden chez Ford en mai 2021  // Source : Capture video White House
C’est l’ancien président Joe Biden qui avait mis en place les premières mesures protectionnistes contre les constructeurs chinois // Source : Capture video White House

Il utilise l’exemple d’Huawei dans les télécommunications qu’il veut transposer à l’automobile : « Nous n’autorisons pas Huawei à s’implanter dans notre infrastructure de télécommunications. Nous n’allons pas non plus autoriser les constructeurs automobiles chinois sur ce marché », avant d’ajouter : « Nous allons empêcher ce fléau de pénétrer notre marché et nous aurons besoin de l’aide des autres pays pour le combattre. »

Le plus surprenant reste la posture du sénateur par rapport aux choix d’autres pays d’autoriser les véhicules chinois : « Il n’y aura pas de voitures chinoises ici. Et j’espère que l’Amérique latine, le Mexique, le Canada et l’Europe adopteront les mêmes normes que nous. » Le sénateur semble ignorer la réalité du marché : les constructeurs chinois sont déjà implantés et investissent localement, notamment en Europe et en Amérique latine.

Une rhétorique agressive

Sur le réseau social X, le sénateur va même jusqu’à qualifier les voitures chinoises de « cancer » en réaction à l’article publié par Reuters, et cela n’a rien d’anodin. Ce type de vocabulaire traduit une montée en tension bien au-delà du simple débat commercial.

Officiellement, les arguments avancés reposent toujours sur la sécurité : collecte de données, risques d’ingérence, dépendance technologique. Des sujets déjà au cœur des régulations mises en place ces dernières années aux États-Unis. Mais derrière cette ligne de défense, il y a aussi une inquiétude plus terre-à-terre : la compétitivité. Les constructeurs chinois, en particulier sur l’électrique, ont pris une avance significative sur certains segments, notamment en matière de coûts et de vitesse de développement.

En durcissant le ton, le sénateur met surtout en lumière un basculement déjà engagé. La question n’est plus de savoir si les voitures chinoises doivent entrer sur le marché américain, mais jusqu’où les États-Unis sont prêts à aller pour les en empêcher.

Paradoxalement, plusieurs projets locaux continuent d’intégrer des partenaires chinois, que ce soit Faraday Future ou Waymo avec Geely. Preuve que, sur le terrain, la réalité industrielle résiste encore au discours politique.

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