Navigateur web le plus utilisé au monde, Google Chrome doit son nom à un brainstorming interne qui n'avait pas été concluant.

C’est désormais un nom qui est intimement lié à Google. Apparu d’abord dans l’identité de son navigateur web maison, « Chrome » s’est propagé dans l’écosystème de la firme de Mountain View. On le retrouve aujourd’hui dans son système d’exploitation (Chrome OS), son dongle de streaming sans fil (Chromecast), sa ligne d’ordinateurs portables (Chromebook), et ainsi de suite.

Nul n’ignore aujourd’hui l’existence de Google Chrome, dont le nom est régulièrement sur le devant de la scène — grâce, il est vrai, à une intense promotion de sa maison-mère pour l’imposer chez un maximum d’internautes. Mais quand il s’agit de connaître l’origine de ce nom, c’est à de l’archéologie web qu’il faut se livrer, car les explications du nom, si elles existent, datent de plusieurs années.

Le succès de la marque Chrome a incité Google à s’en servir ailleurs.

Chrome était un nom de code au départ

C’est en 2015 que l’origin story du nom de Google Chrome est renseignée, à la fois par Sundar Pichai, bien avant qu’il ne prenne les rênes de Google, et Glen Murphy, le chef du design du logiciel.

Chrome vient en fait d’un brainstorming interne de l’équipe de développement lorsqu’il était envisagé de donner un nom de code au projet. Sauf que «  les noms issus de cette compétition étaient si horribles que nous étions tous assez heureux quand l’un des leaders a passé outre et déclaré que le nom de code serait Chrome », raconte Glen Murphy au site The Windows Club.

Pourquoi Chrome ? Pas du tout parce que ce responsable avait une passion secrète pour la chimie et les métaux — car le chrome est d’abord un élément chimique. C’est parce qu’on disait de lui qu’il appréciait les voitures rapides. Or, il s’avère que le chrome est associé à des véhicules puissants, puisqu’on retrouve ce métal comme élément décoratif sur des voitures ou des motos réputées (même si en réalité, on peut appliquer du chromage sur des objets du quotidien moins spectaculaires, comme une cafetière ou un grille-pain).

moto Velocette Viper
Sur cette Velocette Viper, les parties chromées sont identifiables immédiatement. // Source : Ronald Saunders

Trop d’arguments en sa faveur pour changer

Au fil du développement, d’autres noms ont été envisagés à mesure que s’approchait la date de sortie de la première version de Google Chrome, mais aucun ne faisait le poids. Pour plusieurs raisons, selon Glen Murphy : l’équipe s’y était habituée et l’appréciait. Des associations de termes avaient déjà été inventées sur la base de Chrome et, enfin, il y avait ce parallèle avec les sports mécaniques.

Autre élément qui a été pris en compte : dans la terminologie du design, chrome désigne toutes les portions du navigateur qui ne sont pas la page web, c’est-à-dire l’interface utilisateur, en gros, avec les barres d’outils, les menus, les boutons, le champ de recherche, les onglets et les panneaux latéraux. « Notre philosophie esthétique était : le contenu, pas le chrome », raconte Glen Murphy.

Sundar Pichai expliquait d’ailleurs à un blog du New York Times que « nous voulions que les utilisateurs se concentrent sur le contenu qu’ils utilisent. La raison pour laquelle le produit a été nommé Chrome est que nous voulions minimiser le chrome du navigateur. C’est comme ça que nous l’avons pensé ». En clair, une interface réduite à sa plus simple expression, afin de laisser de la place au contenu.

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