Apple a présenté un nouveau mode qui permet de réaliser des selfies en vidéo et au ralenti. Il a même imaginé un terme dédié : slofie. Terme que l'entreprise américaine souhaite s'approprier.

C’est l’une des nouveautés 2019 du nouvel iPhone : un nouveau mode photographique qui permet de prendre des selfies (des autoportraits, en fait, mais c’est plus tendance de le dire en anglais) animés, en donnant à chaque séquence un effet de ralenti. Son nom ? Slofie, mot-valise anglophone inventé en contractant les termes de slow (motion) et selfie.

Habile…

Pour proposer un selfie vidéo au ralenti, Apple mobilise la caméra TrueDepth filmant à 12 mégapixels et à 120 images par seconde. À cette allure, affirme Apple, « tout est infiniment plus cool, même s’il s’agit juste de dire ‘cheese ‘, de faire un petit signe de la main ou de secouer les cheveux au vent ». Avec ce mode, les selfies « prennent une ampleur inédite » et devraient donc faire mouche chez les ados.

Tenir à distance la concurrence

De toute évidence, Apple trouve que ce mot-valise a une certaine valeur puisqu’il est maintenant question de l’enregistrer en tant que marque et ainsi jouir exclusivement des droits qui y sont attachés. Un dépôt de marque a été enregistré à la mi-septembre sur le site de l’USPTO, le Bureau américain des brevets et des marques de commerce. Il reste maintenant à savoir si la demande sera validée.

Si elle décroche la marque aux États-Unis, la firme de Cupertino sera armée pour dissuader ses concurrentes ou des applis douteuses de reprendre à leur compte ce terme pour faire la promotion d’une fonction similaire — ce qui surviendra probablement, mais sous un autre nom, pour éviter les ennuis. Quand Apple a lancé les animojis, la concurrence chinoise a fini par singer la marque américaine.

Le slofie est réservé aux nouveaux iPhone. // Source : Apple

Une appropriation qui joue parfois des tours

Ironie de l’histoire, l’appropriation de certains termes inventés joue parfois aussi des tours à Apple. La marque Animoji est par exemple déposée par une entreprise japonaise baptisée Emonster k.k.. Or, celle-ci estime que l’entreprise américaine a délibérément réutilisé cette appellation pour désigner ses émoticônes capables de reproduire les expressions du visage en temps réel.

Selon Emonster, Apple avait connaissance de ce fait. Emonster commercialise une application Animoji sur l’AppStore depuis 2014. D’ailleurs, Apple a tenté de racheter la marque à l’entreprise japonaise, ce qui rend caduque une défense selon laquelle Apple n’aurait pas été au courant son existence. En septembre 2018, n’ayant pas réussi à récupérer la marque, Apple a tenté une procédure pour faire annuler l’enregistrement en prétextant un vice de forme dans la procédure.

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