Plus de 200 personnes estimaient qu’elles n’avaient pas été recrutées chez Google uniquement à cause de leur âge avancé. Google versera à chacun 31 000 euros environ.

Les entreprises préfèrent parfois payer plutôt que de devoir argumenter durant des mois devant une Cour de justice. Google a ainsi accepté de verser 11 millions de dollars, soit environ 10 millions d’euros, à des personnes qui l’accusaient de discrimination envers les personnes âgées, a repéré Ars Technica lundi 22 juillet.

227 personnes avaient déposé une plainte collective contre Google. Le premier dossier a été enregistré en 2015 : il était porté par Robert Heath, un homme d’une soixantaine d’années. Selon lui, l’entreprise n’avait pas voulu le recruter uniquement à cause de son âge. Il arguait qu’un recruteur de chez Google lui avait dit qu’il était un « bon candidat ».

Robert Health raconte avoir eu des difficultés à entendre son interlocuteur lors d’un entretien technique par téléphone. Il l’a signalé, demandant s’ils pouvaient discuter plutôt par écrit, ce que le recruteur aurait refusé. Cela revient à « nier le fait que les travailleurs plus âgés sont susceptibles d’avoir des pertes d’audition », estime-t-il. Il raconte aussi que lui et le recruteur ne s’entendaient pas sur les définitions de certains termes techniques, à cause de leur différence d’âge. C’était le cas pour le mot « byte », dont la définition a changé au fil des années.

Les 226 autres plaignants et plaignantes avaient également postulé, sans succès. Ils assurent avoir tous avoir été victime de discrimination à cause de leur âge. Cheryl Fillekes, la cinquantaine, regrette avoir postulé 4 fois sans succès. L’un des recruteurs lui aurait explicitement demandé en quelle année elle avait été diplômée pour « voir quel âge elle avait ».

Un âge médian particulièrement bas

D’après la plainte, consultable en ligne, l’âge médian des employés chez Google était de 29 ans en 2013. Aux États-Unis, il est en moyenne de 40 ans dans le secteur informatique, ont noté les avocats en se basant sur différentes études.

Google préfère finalement payer plutôt que de tenter de se défendre. L’entreprise a proposé de verser plusieurs millions de dollars, à répartir entre les plaignants qui toucheront chacun environ 35 000 dollars, soit 31 000 euros. Cette solution devra être acceptée par un juge mais comme il s’agit d’un accord à l’amiable, il est peu probable que ce dernier refuse. Pour Google, c’est une issue satisfaisante : en payant, la firme clôt les procédure et évite d’avoir à reconnaître d’éventuelles fautes.

Le fait de payer pour clôturer un procès est commun. Fin juillet, l’agence de notation de crédits personnels Equifax a par exemple versé 700 millions de dollars à des victimes pour éviter un scandale. Elle était accusée d’avoir laissé fuiter de nombreuses données personnelles.

Google a malgré tout promis que la plainte n’avait pas servi à rien : l’entreprise a expliqué qu’elle ferait des efforts pour combattre la discrimination en fonction de l’âge. Les managers seront mieux formés à ce problème et un comité a été créé en cas de désaccord sur le sujet.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Abonnez-vous gratuitement à Artificielles, notre newsletter sur l’IA, conçue par des IA, vérifiée par Numerama !