La fiche produit d'un téléviseur regorge de caractéristiques parfois complexes, liées à la technique... ou au marketing des constructeurs. Ce guide vous aide à tout comprendre.

On n’achète pas souvent un téléviseur. Et, quand on change, il s’est parfois passé plusieurs longues années pendant lesquelles les innovations se sont succédé… au coude à coude avec les concepts marketing inutiles. Votre dernier investissement en la matière remonte peut-être à l’époque où la HD commençait à peine à fleurir dans les rayons et aujourd’hui, on entend parler de la 4K voire de la 8K. Il est dès lors assez facile de s’y perdre.

D’autant que les fiches de description des téléviseurs comportent nombre d’informations plus ou moins pertinentes. Toujours est-il que certaines caractéristiques sont essentielles pour faire le bon choix en fonction de ses besoins, sachant que l’image que vous verrez dans les magasins sera, au mieux, flatteuse, au pire, mal appropriée (il y a généralement une seule source partagée pour plusieurs produits, d’où la qualité en deçà de ce que l’on peut attendre).

Comment s’y retrouver dans tous ces mots-clés ? Quels sont les points à retenir au moment de franchir le pas ? On vous aide à y voir plus clair à l’aide d’un lexique.

Téléviseur Samsung QLED Q90R // Source : Samsung

FHD, 4K, UHD,…

HD Ready (720p), Full HD (1080p), UHD, UHD 8K… Ces sigles renvoient à la définition du téléviseur que vous achetez, soit le nombre de pixels affichés par la dalle. Astuce : plus il y a de pixels, mieux c’est (si la source suit). En 2019, le marché est clairement axé sur la norme UHD, vulgairement appelée la 4K.

Elle s’appuie sur un panneau de 3 840 x 2 160 pixels, soit plus de 8 millions de pixels (les processeurs des téléviseurs sont chargés de mettre à l’échelle la source avec plus ou moins de réussite). Certains acteurs ont pris de l’avance et proposent déjà de la 8K, soit 7 680 x 4 320 pixels (plus de 33 millions de pixels). À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’intérêt est encore discutable.

Outre le gain en qualité d’image (si la source suit, on insiste), la définition permet d’augmenter la taille de la diagonale sans nécessité de reculer son canapé (on ne voit pas les pixels comme il y en a beaucoup). C’est d’ailleurs pour cela qu’on voit de plus en plus de grandes télés dans les magasins : l’UHD a mécaniquement vulgarisé les grandes images, garantissant un plus non négligeable en termes d’immersion. Ce qu’il faut en retenir : n’hésitez pas à prendre plus grand si vous avez la place et le budget, vous ne vous abîmerez pas plus les yeux.

Téléviseur Samsung Q900R // Source : Samsung

LCD, OLED, QLED, ULED…

Aujourd’hui, le marché des téléviseurs est divisé en deux catégories : les dalles LCD et les dalles OLED. Toutes les autres technologies — comme le QLED de Samsung par exemple — sont des dérivés. La différence entre le LCD et le OLED ? Le LCD a besoin d’un rétroéclairage pour que les pixels s’expriment, là où ceux des panneaux OLED sont autoémissifs (les pixels, organiques, émettent leur propre lumière et peuvent s’éteindre complètement). C’est ce qui permet aux téléviseurs OLED d’afficher des noirs vraiment noirs — et aux LCD d’être plus lumineux (en fonction du type de rétroéclairage employé).

Point important : un téléviseur LED est bel et bien un téléviseur LCD évolué — qui fait appel à des LED plus ou moins bien placés pour le rétroéclairage (les LCD classiques utilisent des tubes à néons moins performants). Dans les écrans LED, on retrouve les versions Edge LED (les LED son disposés sur les bordures) et Full LED (les LED sont disposés un peu partout). Plus il y a de LED, plus le rétroéclairage sera de qualité. Dans l’idéal, il faudrait une LED par pixel. Pour garantir des noirs plus profonds et améliorer les contrastes, les constructeurs peuvent éventuellement employer le Local Dimming, soit un éclairage intelligent, car utilisé en zones. Normalement, plus vous mettrez d’argent sur la table, plus votre téléviseur LCD sera performant. Sinon, vous pouvez toujours craquer pour un OLED.

Si vous traînez dans le rayon Samsung, vous tomberez peut-être nez à nez avec des téléviseurs QLED. Là encore, il s’agit d’une évolution des panneaux LCD, le constructeur coréen refusant de plébisciter l’OLED (dont les dalles sont fournies par l’ennemi LG). Ici, les écrans « à points quantiques  » reposent sur l’insertion d’une couche de nanocristaux liquides entre le panneau LCD et le système de rétroéclairage LED, le but étant d’améliorer les performances du téléviseur (couleurs, contrastes…).

Samsung le vend comme une alternative sérieuse à l’OLED et il est vrai que le dernier modèle que nous avons testé — haut de gamme 2019 — s’est montré très convaincant. On notera que Samsung n’est pas le seul à vouloir donner un nom à sa technologie : Hisense utilise volontiers l’ULED pour ses LCD haut de gamme tandis que LG opte pour le NanoCell.

Téléviseur OLED Sony ZG9 // Source : Sony

Hz, input lag…

Le taux de rafraîchissement d’un téléviseur correspond au nombre d’images qu’il est capable d’afficher par seconde. Il est exprimé en Hz. Plus il est élevé, plus la fluidité sera au rendez-vous — parfois à l’excès, car les sources varient (exemple : un film, c’est un peu moins de 24 images par seconde). Il existe par ailleurs des procédés de compensation de mouvements, dont l’activation n’est pas toujours conseillée. Ils s’appellent motion machin chouette et on vous dit tout ici.

L’input lag, de son côté, désigne le temps qu’il faut à un signal d’une télécommande ou d’une manette pour s’afficher à l’écran. Cette donnée est primordiale pour les joueurs, qui veulent un retard imperceptible entre le moment où ils appuient sur une touche de leur manette et l’action traduite dans le jeu. Contrairement au taux de rafraîchissement, il faut qu’il soit le plus bas possible — sachant que certains téléviseurs bénéficient d’un mode idoine pour le faire descendre.

Téléviseur Sony AF9 // Source : Sony

HDR, Dolby Vision, nits…

Outre la hausse en définition (pas encore tout à fait appréciable en raison du manque criant de sources), l’UHD a permis d’introduire une technologie très bénéfique pour nos yeux : le HDR, pour High Dynamic Range. En simplifiant au maximum, le HDR permet d’étendre les écarts de luminosité entre les points les plus sombres et les plus clairs d’une image (d’où le mot dynamic). Cela permet d’améliorer grandement le contraste, pour des couleurs plus belles, une palette colorimétrique plus riche et nuancée et une lisibilité accrue.

Le HDR permet à l’image de travailler dans un espace colorimétrique plus étendu, ce qui offre un rendu plus réaliste. Son apport est assez difficile à expliquer, mais on peut donner quelques exemples parlants à la volée : des flammes plus détaillées, des reflets plus appuyés, des soleils plus aveuglants, des ombres mieux découpées…

Plus le téléviseur sera capable d’être très lumineux et de restituer des noirs profonds, plus le HDR produira son effet. C’est là où la donnée nits intervient : le nombre de nits représente la puissance — ou intensité — lumineuse du téléviseur. Plus il est élevé, plus l’image pourra vous éblouir. Sur ce point, les spécimens LCD haut de gamme sont les champions en la matière et peuvent titiller les 1 500/2 000 nits, là où les équivalents OLED peinent à atteindre les 1 000 (ils se rattrapent par la profondeur des noirs). Notez que la puissance lumineuse est très utile en cas d’utilisation dans une pièce très éclairée. Attention tout de même au langage marketing : le trop est parfois l’ennemi du bien.

Sur le HDR, les acteurs du marché ne sont — encore une fois — pas d’accord. Alors qu’il y a une base commune (le HDR10), les évolutions ne sont pas adoptées par tous. D’un côté, on retrouve les défenseurs du Dolby Vision, développé par Dolby. De l’autre, on retrouve le HDR10+, soutenu par Samsung. En 2019, certains constructeurs — comme Panasonic — sont décidés à ne pas brider leurs utilisateurs. Une excellente nouvelle dans cette énième guerre des formats vidéo.

Téléviseur enroulable OLED LG Signature R // Source : LG

Smart TV, Ambilight, Acoustic Surface…

Si vous ne voulez pas avoir une mauvaise surprise, veillez à ce que votre future acquisition soit smart, ou connectée, ou intelligente. C’est-à-dire qu’elle s’inscrit dans un écosystème permettant d’avoir accès à des applications. Si certaines marques (comme LG ou Samsung) ont leur propre plateforme, d’autres n’hésitent pas à faire confiance à Android TV (Philips, Sony). C’est l’assurance d’avoir accès à une boutique remplie d’applications (MyCanal, RMC Sport, Netflix…) et de ne pas avoir à passer par une solution externe (box, console de jeux vidéo…).

Vérifiez également que le téléviseur que vous convoitez est suffisamment pourvu en connectique. Il serait dommage d’acheter un produit limité à trois ports HDMI — l’interface actuelle — quand vous avez quatre appareils à brancher. Sinon, en théorie, les TV d’aujourd’hui sont équipées en USB, Wi-Fi, Ethernet…

Dans les autres mots marketing importants à mentionner, on peut citer des technologies propriétaires comme Ambilight ou Acoustic Surface. La première, apanage de Philips, installe des bandeaux de lumière colorée à l’arrière du téléviseur pour étendre l’image (les couleurs s’adaptent à ce qui est affiché à l’écran, avec différents modes au programme). De son côté, Acoustic Surface est exclusif aux téléviseurs OLED de Sony : ici, les haut-parleurs laissent leur place à une technologie qui fait vibrer la dalle pour produire le son (rendu de meilleure facture, directivité idéale puisque placement précis des objets).

À lire sur Numerama : OLED vs QLED  : quelle est la meilleure technologie pour le jeu vidéo, le sport ou les films  ?

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