Si les principaux opérateurs s'activent sur le déploiement de la fibre optique, de plus petits FAI sont aussi sur le coup. Mais la voie n'est pas toujours bien dégagée pour se faire une place.

Lorsque l’on parle de fibre optique, c’est souvent des gros opérateurs dont il est question. Pourtant, il existe tout un écosystème au-delà d’Orange, Bouygues Telecom, SFR et Free. Composé de plus petits acteurs, souvent associatifs, il s’efforce de se faire une place, y compris dans l’ultra haut débit fixe. Sa visibilité est hélas moindre, en partie parce que ces opérateurs ont une influence locale et non nationale.

La fédération FDN entend toutefois offrir une meilleure visibilité à ces opérateurs, à travers un baromètre FTTH qui donne une évaluation département par département des conditions d’accès aux réseaux d’initiative publique (RIP) en matière de fibre optique. Il s’agit de voir si elles sont favorables ou non aux fournisseurs d’accès à Internet de petite envergure.

Une évaluation département par département. // Source : Capture d’écran du baromètre FTTH.

Des notes sévères

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation n’est pas fameuse.

Nonobstant les localités qui n’ont pas encore pu être évaluées, la carte révèle que dans bon nombre de départements, il est pratiquement impossible pour un petit FAI d’exister : pour ces collectivités, la note est la plus sévère possible — Z. Ailleurs, la situation est meilleure, avec plusieurs B qui ont été distribués, signifiant qu’un seul point spécifique pose problème. Le reste s’éparpille sur les notes C et D. Il n’y a aucun A.

Dans le cadre de l’Essonne par exemple, le baromètre attribue la note D et donne le commentaire suivant : « Offre activée disponible, mais tarification de la porte de collecte pas claire : si il y a effectivement du récurrent à 500 € par mois sur la porte, c’est complètement prohibitif pour un FAI avec peu de lignes ! ». Le nom de l’opérateur d’infrastructure est aussi donné, en l’occurrence Covage.

Le baromètre fournit par ailleurs d’autres visualisations du territoire, de manière à identifier la maison-mère du délégataire par département — il peut très bien s’agir d’un opérateur de premier plan ou d’une de ses filiales — et à savoir si une offre est activité ou non. Pour l’heure, les informations sont essentiellement disponibles pour la métropole, la France d’outre-mer étant encore peu renseignée.

CC Alexandre Delbos

Exposer la difficulté des petits FAI

Avec ce travail, la fédération FDN explique vouloir « montrer la difficulté que nous avons à opérer sur certains de ces réseaux, qui sont pourtant financés par de l’argent public et se doivent donc d’être non discriminatoires vis-à-vis des FAI ». Pour autant, tout n’est pas noir : la fédération fait observer qu’il est possible d’opérer par endroit, même si elle regrette la lourde présence de gros opérateurs.

Ainsi, la fédération critique le fait que dans un bon nombre de départements, les RIP ont été « en très grande majorité attribués à Orange et SFR, ce qui est le signe d’un conflit d’intérêts assez flagrant ». Il est souligné que l’accès aux données s’est « heurté à la culture du secret de cette industrie et à la mauvaise foi flagrante de certains acteurs », limitant l’exhaustivité du baromètre.

Il est à noter que ce baromètre est basé sur une méthodologie subjective, que la fédération FDN détaille dans une page dédiée. Cela étant dit, puisque la fédération regroupe en son sein des petits fournisseurs d’accès à Internet, elle estime appliquer des hypothèses de calcul (investissements, nombre d’abonnés, prix) suffisamment valables pour établir un panorama réaliste de la situation.

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