La nouvelle page de dons de l'UNICEF permet de payer avec 9 crypto-monnaies différentes.

L’Unicef France accepte depuis ce 19 septembre 2018 des dons en provenance de 9 crypto-monnaies. Et si votre porte-feuille numérique sonne creux, vous pouvez aussi faire chauffer votre ordinateur en minant pour le compte de l’ONG, et inaugurer le concept de « don gratuit ».

L’Unicef s’était déjà essayée à l’exercice en février 2018, avec une campagne nommée Gamechainger. Ils demandaient aux propriétaires de cartes graphiques puissantes, et plus particulièrement à la communauté des gamers, de miner de l’Ethereum pour le compte de l’ONG. La campagne s’est étendue du 1er février jusqu’au 31 mars, avec l’appui d’ambassadeurs de structures eSport comme Gamers Origins et G2.

Les problèmes des valeurs fluctuantes

Si l’agence des Nations Unies se félicite dans son communiqué du succès de l’opération, qui a mobilisé plus de 12 000 ordinateurs, les gains, destinés au soutien de ses opérations en Syrie, sont restés modérés. D’ailleurs, sur son récapitulatif de l’événement, l’Unicef n’indique pas la somme levée en euros, mais seulement en Ethereum : 85 unités. Or, entre le 1 février et le 31 mars, son cours a chuté, de 1098,35 à 403,06 dollars. La somme collectée s’est donc réduite au fur et à mesure de l’événement, d’autant plus que les organisateurs confiaient ne pas savoir quand ils convertiraient cet argent virtuel en euros.

Ce 19 septembre 2018, l’Etherium ne vaut plus que 208,72 dollars, soit 179 euros.

Neuf crypto-monnaies acceptées

Sans tenir compte de la valeur exacte de cette levée, qui restera dans tous les cas très faible en comparaison avec les 56 millions d’euros levés l’an dernier, l’événement aura convaincu les décideurs de l’ONG de prolonger l’expérience. La volatilité des crypto-monnaies, et la dégringolade de leur valeur depuis début 2018 interrogent, mais elles restent des potentielles sources de don : « Les crypto-monnaies et la technologie de la blockchain à des fins caritatives offrent une nouvelle opportunité de faire appel à la générosité du public et de continuer à développer nos actions auprès des enfants dans nos pays d’intervention  », s’enthousiasme Sébastien Lyon, directeur général d’UNICEF France, dans le communiqué.

Page de cryptodon de l’Unicef, capture le 19/09/2018 // Source : Unicef

L’agence a décidé de ne se fermer presque aucune porte, en acceptant pas moins de 9 monnaies, dont vous ne connaissiez peut-être même pas l’existence. Attention, inspirez : Bitcoin, Ethereum, Litecoin, Ripple, Bitcoin Cash, Dash, Monero, EOS et Stellar. L’initiative reste originale dans la pluralité des devises qu’elle accepte, mais n’est pas pionnière en la matière. Les branches américaines de la Croix-Rouge et de Greenpeace acceptent les Bitcoins depuis 2014, et en janvier 2018, le Samu Social de Paris a lancé une levée de fonds d’un mois en Bitcoin et Ethereum. Ces derniers ont converti les dons au 15 février, pour un total de 12 367 euros.

Cependant ces « cryptodons » manquent cruellement d’un attrait que possèdent les dons traditionnels : les droits à des déductions ou réductions d’impôts.

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