Régulièrement cité dans les médias, le Bitcoin apparaît comme la crypto-monnaie la plus connue du grand public. Mais il n'est pas forcément le plus prisé auprès des investisseurs du marché, selon une étude publiée dans la revue Royal Society Open Science.

Si le Bitcoin reste la crypto-monnaie la plus connue du grand public — et la plus médiatisée — parmi les différentes monnaies virtuelles existantes, il ne s’agit pas forcément de la plus prisée sur le marché.

C’est ce qu’affirme une étude publiée dans la revue Royal Society Open Science, réalisée par des mathématiciens de la City University de Londres, une anthropologue de l’institut allemand Max Planck et un physicien de l’Université polytechnique de Catalogne.

Les chercheurs, qui se sont basés sur une étude du marché de la crypto-monnaie entre avril 2013 et mai 2017, affirment qu’aucune monnaie virtuelle ne bénéficie d’une nette préférence des utilisateurs sur les autres. D’autant moins que les choix des investisseurs se basent sur des considérations très pragmatiques, sans tenir compte du prix d’une crypto-monnaie — comme l’Ethereum, — ou de ses propriétés spécifiques.

CC Zach Copley

Un bouleversement attendu du marché

Le marché est donc assez neutre selon Andrea Baronchelli, coordinateur de l’étude : « Le Bitcoin cède de plus en plus de terrain à ses concurrents directs, et les utilisateurs ne semblent pas, à ce stade, avoir prêté beaucoup d’attention aux avancées technologiques. Nos conclusions [confortent le scénario selon lequel] les investisseurs choisissent dans quelles crypto-monnaies investir en fonction de la part de marchés qu’elles occupent, sans se préoccuper d’autres éléments. Le Bitcoin n’est ni seul, ni invincible.  »

Les affirmations de l’étude sont toutefois à nuancer : en août 2017, sur les 100 milliards de dollars représentés par le marché total des crypto-monnaies, le Bitcoin en représentait 44 %. Un an plus tôt, en janvier 2016, il représentait encore 90 % du marché. Ce n’est qu’à compter de février 2017, face à la montée en puissance conjointe de l’éther et du ripple, que son statut a commencé à s’effriter.

L’étude souligne en outre que des bouleversements potentiels pourraient guetter les crypto-monnaies : « Dans l’avenir immédiat et à moyen terme, des avancées légales, techniques et sociales auront probablement un impact sérieux sur le marché […]. À titre d’exemple, en avril 2017, le prix du Bitcoin en dollars américains a connu une hausse soudaine après que le Japon se soit mis à le considérer comme une forme légale de paiement. »

De la même manière, le cours de l’Ethereum avait plongé après l’interdiction des levées de fonds (ICO) par la Chine, début septembre 2017.

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Article publié initialement le 16 novembre 2017

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