Annoncé à l’automne 2025, le futur « mode adulte » de ChatGPT n’a cessé de faire l’objet d’interrogations, de polémiques et, surtout, de reports successifs de la part d’OpenAI. Initialement prévue autour de décembre 2025, sa sortie avait été repoussée une première fois au premier trimestre 2026. À l’époque, la firme expliquait qu’elle souhaitait avant tout garantir la fiabilité de sa technologie de vérification d’âge.
Puis, en mars 2026, nouveau coup de théâtre : OpenAI a confirmé au média Axios un énième report du mode adulte, cette fois-ci sans évoquer de date de lancement. Selon un porte-parole de l’entreprise, la priorité est désormais donnée à des améliorations bénéficiant au plus grand nombre d’utilisateurs. En parallèle, si OpenAI maintient son objectif affiché de « traiter les adultes comme des adultes », la société reconnaît désormais la complexité technique et éthique vertigineuse du projet.


Mais, alors que son fonctionnement exact fait toujours l’objet de spéculations, un porte-parole anonyme a fourni plusieurs précisions importantes au Wall Street Journal le 15 mars 2026.
Que sait-on du futur mode adulte de ChatGPT ?
Pour rappel, ce « mode adulte » est censé être une version plus souple du chatbot, dénuée d’un certain nombre de garde-fous mis en place par l’entreprise. Dans une série de messages publiés sur X l’an dernier, Sam Altman avait évoqué un point qui avait particulièrement fait monter la mayonnaise : l’autorisation des conversations érotiques. Jusqu’ici, malgré des défauts ayant parfois mené à des issues tragiques, ChatGPT restait considéré comme relativement « sérieux » face à l’IA Grok d’Elon Musk, largement connue pour son contenu sexuel et son lot de controverses.

Concrètement, le mode adulte de ChatGPT devrait, a priori, permettre des conversations textuelles érotiques, mais exclure les images, l’audio ou la vidéo NSFW au lancement. Selon une source anonyme citée par le Wall Street Journal, le contenu proposé serait par ailleurs « érotique » plutôt que pornographique. Dans un premier temps, le fait de se limiter aux échanges écrits permettrait à la fonctionnalité de coller aux législations comme l’Online Safety Act britannique, qui cible avant tout l’imagerie pornographique.
Des failles de sécurité qui inquiètent en interne
Mais cela ne suffit pas à rassurer, y compris au sein même d’OpenAI. Selon le quotidien américain, le retard actuel serait dû à des blocages techniques, mais aussi à de profondes préoccupations éthiques. Un conseil consultatif désigné par l’entreprise avait averti que ce mode pourrait être trop facilement accessible aux enfants et engendrer une dépendance affective malsaine envers l’IA. Ainsi, un membre du conseil avait même déclaré qu’i’OpenAI risquait de créer un « coach suicidaire séduisant », rapporte The Verge.

Sur le plan technique, la modération s’avère être un exercice d’équilibriste périlleux : l’enjeu est de lever les restrictions de ChatGPT tout en s’assurant que les scénarios graves restent proscrits — tels que les comportements non consentis ou impliquant des mineurs. Or, le système de prédiction d’âge d’OpenAI ne serait pas infaillible : dans 12 % des cas, celui-ci classerait par erreur des mineurs comme étant adultes, selon le Wall Street Journal.
Avec des dizaines de millions d’utilisateurs hebdomadaires potentiellement mineurs, ce taux d’erreur signifierait des millions d’adolescents exposés à des dialogues sexuels. Le porte-parole anonyme a admis qu’aucun système n’est totalement infaillible, tout en soulignant que leurs performances restent « comparables au reste de l’industrie ». Quoi qu’il en soit, ce mode adulte à mi-chemin entre permissivité et ligne « anti-porno » pourrait permettre à OpenAI d’inscrire son outil dans le cadre des lois existantes… tout en frustrant les défenseurs d’une liberté totale.
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