Il y a quelques jours, Nvidia et Microsoft ont entretenu le mystère sur les réseaux sociaux à coups de promesses d’une « nouvelle ère pour les PC ». C’est au Computex 2026 que le voile est enfin tombé : Nvidia a dévoilé RTX Spark, son tout premier SoC pour portables Windows, taillé pour aller chasser sur les terres d’Apple Silicon et des Snapdragon X de Qualcomm. Et mettre fin au duopole Intel/AMD sur Windows.
Microsoft est un des premiers constructeurs alliés à Nvidia : le géant de la tech a dévoilé le Surface Laptop Ultra, le premier PC avec la nouvelle puce.
Nvidia au cœur du Surface Laptop Ultra
Le pari du Surface Laptop Ultra tient en une puce : le tout nouveau RTX Spark de Nvidia. Microsoft assure avoir co-conçu l’ordinateur avec Nvidia « au niveau du silicium », avec une optimisation pensée spécifiquement pour Windows.
C’est une première : on avait déjà vu des GPU Nvidia dans des Surface, jamais une plateforme complète CPU + GPU + mémoire unifiée pensée de bout en bout pour la marque.

Sous le capot, on retrouve une architecture Arm gravée en 3 nm, jusqu’à 20 cœurs CPU, un GPU Blackwell RTX et surtout jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée avec support CUDA complet. Microsoft avance jusqu’à 1 pétaflop de calcul IA et des performances graphiques annoncées au niveau d’une RTX 5070 mobile. De quoi, selon la firme, faire tourner en local des modèles d’IA allant jusqu’à 120 milliards de paramètres, sans envoyer la moindre donnée vers le cloud.
Enfin la vraie réponse à Apple ?
Ce n’est pas la première fois que Microsoft essaie de placer ses Surface face à la concurrence, mais la firme n’y est jamais vraiment parvenue.


Le Surface Book promettait dès 2015 une station de travail nomade capable de faire de l’ombre au MacBook Pro, GPU dédié à l’appui : la formule n’a jamais pris, et la gamme a fini par disparaître.

Plus récemment, la grande relance Windows on Arm de 2024 reposait sur les Surface Laptop 7 et Surface Pro de septième génération, premiers Copilot+ animés par les Snapdragon X de Qualcomm. Là encore, ces modèles ne se sont pas imposés face au portable d’Apple, freinés notamment par la compatibilité logicielle du Windows on Arm et des performances graphiques en retrait.
Sauf que cette fois, la comparaison avec le MacBook Pro semble tenir sur le fond. Depuis le passage d’Apple à ses puces maison, le portable de Cupertino a imposé une recette : une base Arm, une grosse réserve de mémoire unifiée.
À cela s’ajoute un écran PixelSense Ultra tactile mini-LED de 15 pouces (2880 x 1920, 262 PPI), avec une luminosité HDR annoncée à 2 000 nits. Microsoft revendique l’écran le plus lumineux jamais monté sur un Surface, ce qui le place devant le MacBook Pro sur ce terrain. La marque promet aussi le plus grand pavé tactile haptique jamais intégré à un Surface.

Côté gabarit, on reste sur un ordinateur d’un peu plus de deux kilos avec une autonomie annoncée « toute la journée », deux finitions (Platinum et Nightfall) et une connectique généreuse : HDMI, USB-C, USB-A, lecteur de cartes SD et prise casque. De quoi se passer de dongle, l’un des reproches récurrents faits aux portables modernes.
Bref, sur le papier, le Surface Laptop Ultra coche exactement les cases qu’il faut pour venir bousculer Apple sur la gamme Pro (et notamment face au MacBook Pro M5 Pro, noté 9/10 dans nos colonnes).
Reste un point qui pourrait peser lourd dans ce duel : le prix. Apple a réussi à maintenir les tarifs de ses MacBook ces derniers mois, là où Microsoft a plié. En avril dernier, la firme de Redmond a discrètement augmenté le tarif de toute sa gamme Surface sous l’effet de la pénurie mondiale de la RAM — victime collatérale de l’essor de l’IA. Il faudra vraisemblablement attendre sa sortie à la rentrée 2026 pour en savoir plus sur ce point.
| Surface Laptop Ultra | MacBook Pro M5 Pro (2026) | |
|---|---|---|
| Puce | Nvidia RTX Spark (N1x, Arm, 3 nm) | Apple M5 Pro (Arm, 3 nm) |
| CPU | Jusqu’à 20 cœurs (non confirmé pour ce modèle) | 15 à 18 cœurs |
| GPU | Nvidia Blackwell RTX (~niveau RTX 5070 mobile), jusqu’à 6 144 cœurs CUDA (config max de la famille) | 16 à 20 cœurs, Neural Accelerator par cœur |
| Mémoire unifiée | Jusqu’à 128 Go | Jusqu’à 64 Go (128 Go avec la Puce M5 Max) |
| Bande passante mémoire | Non communiquée | 307 Go/s |
| Écran | Mini-LED PixelSense Ultra 15″, 2880 × 1920, 262 PPI, 2 000 nits HDR, tactile | Mini-LED Liquid Retina XDR 14,2″ / 16,2″, ~1 600 nits HDR (pic), non tactile |
| Connectique | HDMI, USB-C, USB-A, lecteur SD, jack | 3× Thunderbolt 5, HDMI, MagSafe 3, SDXC, jack, Wi-Fi 7 |
| Poids | < 2,04 kg | ~1,55 kg (14″) / ~2,1 kg (16″) |
| Système | Windows on Arm | macOS |
| Prix | Inconnu | À partir de 2 499 € |
La partie graphique, le gros argument de Nvidia
Si le Surface Laptop Ultra a un atout que ses prédécesseurs n’avaient pas, c’est bien le GPU. La grande faiblesse des précédentes Surface sous Arm tenait justement là : les Snapdragon X de Qualcomm misaient tout sur l’autonomie et le NPU (puce d’accélération de réseaux de neurones) dédiée à l’IA, mais leur partie graphique était à la traîne, au point de rendre le jeu poussif.
Avec un GPU Blackwell RTX donné au niveau d’une RTX 5070 mobile, et toute la pile logicielle maison qui va avec, Nvidia attaque précisément un point sur lequel les précédents Surface n’étaient pas au niveau.
C’est aussi là que la machine peut creuser l’écart avec le MacBook Pro. Sur le papier, les puces Apple Silicon sont techniquement capables de faire tourner des jeux, et Apple a multiplié les outils pour faciliter les portages. Mais dans les faits, le catalogue reste maigre : peu de gros titres débarquent réellement sur Mac. Or le jeu vidéo est historiquement un terrain Windows, et c’est justement l’argument que pousse Nvidia, dont les GPU équipent l’immense majorité des PC de joueurs.
Le jeu fait d’ailleurs partie intégrante du discours officiel, avec la prise en charge du ray tracing RTX, du DLSS, de Reflex et de G-SYNC. Une diapositive évoque même du 1440p à plus de 100 FPS, et le communiqué parle de jeux AAA à ce niveau, DLSS, ray-tracing, G-Sync et Reflex activés. Reste que Nvidia n’a livré ni liste complète de jeux compatibles, ni les réglages retenus pour atteindre ces chiffres.
Assui, l’éternel point sensible du Windows on Arm : la compatibilité logicielle. RTX Spark reposant sur du silicium Arm, les applications Windows x86 « classiques » devront passer par l’émulation Prism de Microsoft quand aucune version Arm native n’existe — un terrain où les générations précédentes ont souvent pataugé.

Un signal encourageant tout de même : sur scène, le patron de Nvidia Jensen Huang a montré 007 : First Light et Forza Horizon 6 tournant directement sur les Surface Laptop Ultra, de vrais titres AAA récents en somme.
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