Selon une note de l’analyste Ming‑Chi Kuo publiée le 27 avril 2026, OpenAI travaillerait désormais sur un smartphone centré sur les agents d’IA, co‑conçu avec MediaTek, Qualcomm et le fabricant Luxshare.

OpenAI n’a plus le luxe de s’éparpiller. En quelques semaines, la firme a progressivement mis de côté plusieurs projets annexes, à l’image de Sora 2 — et de son prometteur partenariat avec Disney — ou encore du très controversé mode érotique. L’objectif affiché : se recentrer sur les outils de productivité à destination des entreprises, à l’heure où Claude, d’Anthropic, et Gemini, de Google, ne cessent de gagner du terrain.

Pour autant, une autre piste secondaire reste en suspens. Depuis plusieurs mois, les rumeurs autour d’un mystérieux produit hardware, pour lequel la firme s’est offert les services de Jony Ive — ancien numéro deux d’Apple sous Steve Jobs — se multiplient. Et pour cause : en mai 2025, OpenAI signait sa plus importante acquisition à ce jour en rachetant io Products, la start-up de Jony Ive, pour 6,5 milliards de dollars. S’il a un temps été question d’un stylo dopé à l’IA, puis d’écouteurs intra-auriculaires visant à concurrencer les AirPods, la société aurait désormais un nouveau produit en tête.

Selon une note de l’analyste Ming‑Chi Kuo du 27 avril 2026, OpenAI plancherait désormais sur un véritable smartphone, conçu avec MediaTek, Qualcomm et Luxshare, où des agents d’IA remplaceraient les applications classiques.

La note de l'analyste Ming-Chi Kuo. // Source : Ming-Chi Kuo sur X
La note de l’analyste Ming-Chi Kuo (traduite). // Source : Ming-Chi Kuo sur X

En quoi consiste le futur smartphone d’OpenAI ?

Concrètement, selon Ming‑Chi Kuo, OpenAI est en train de co‑concevoir un smartphone avec MediaTek et Qualcomm côté processeurs, et confie la conception et fabrication du boîtier à Luxshare, pour une production de série visée autour de 2028. L’appareil reste un smartphone au sens classique (écran, SoC, supply chain Android‑like), mais toute l’expérience est pensée autour d’un agent d’IA qui exécute des tâches à la place de l’utilisateur, plutôt que de l’envoyer d’application en application.

Le téléphone est présenté comme une machine qui capture en temps réel « l’état complet » de l’utilisateur (position, contexte, usage, historique) pour alimenter un agent capable de comprendre ce qu’il souhaite faire, puis le faire à sa place : réserver, organiser, acheter, répondre, etc.

Pour permettre cela, le processeur serait spécifiquement conçu pour faire tourner en continu des modèles sur l’appareil (pour le suivi de contexte) tout en déléguant les tâches lourdes à des modèles en cloud, avec un gros travail sur la consommation d’énergie et la hiérarchie mémoire.

L’analyste insiste sur un point : OpenAI ne peut offrir un « agent IA complet » qu’en contrôlant à la fois l’OS et le hardware, et pas seulement via une app sur iOS/Android. Le smartphone reste selon lui la catégorie d’appareil dominante pour les années à venir, et représente donc le support naturel pour cette vision, bien plus…qu’un gadget exotique. « Les atouts d’OpenAI résident dans sa marque grand public, ses années d’accumulation de données utilisateurs et ses modèles d’IA de pointe », souligne-t-il dans sa note.

Une maquette d'interface pour smartphone, imaginée par Ming-Chi Kuo.  // Source : Ming-Chi Kuo sur X
Une maquette d’interface pour smartphone, imaginée par Ming-Chi Kuo. // Source : Ming-Chi Kuo sur X

Côté modèle économique, le téléphone s’inscrirait dans un écosystème d’agents : OpenAI vendrait le hardware avec des abonnements (type ChatGPT Plus/Enterprise) et inviterait des développeurs à construire des agents et services autour, un peu comme on construit aujourd’hui des apps, mais orientées tâches plutôt qu’icônes sur un écran.

Un énième pari d’OpenAI ?

Pour les partenaires industriels, ce projet, s’il venait à être confirmé, n’aurait rien d’un gadget de niche. Ming‑Chi Kuo souligne que MediaTek et Qualcomm pourraient profiter d’un nouveau cycle de remplacement si OpenAI vise le segment mondial des smartphones haut de gamme — environ 300 à 400 millions d’unités par an –, au point qu’un seul TPU comme Zebrafish, chez MediaTek, génère autant de revenus que 30 à 40 processeurs de smartphones d’agents. Luxshare, de son côté, y verrait l’occasion de s’imposer comme assembleur clé d’une nouvelle génération d’appareils, en dehors de l’ombre d’Apple.

Reste une question : ce pari hardware est-il compatible avec le recentrage affiché d’OpenAI ? Sur le papier, oui. Car derrière ce smartphone, il ne s’agit pas tant de lancer un énième appareil que de verrouiller la couche d’interface des agents — et donc l’accès aux usages, professionnels comme grand public.

Encore faut-il tenir le calendrier. Si un premier appareil pourrait être dévoilé dès le second semestre 2026, la production de masse du smartphone n’est, elle, pas attendue avant 2028, une fois ses spécifications finalisées et ses partenaires industriels arrêtés d’ici 2027. D’ici là, OpenAI joue gros : prouver que ce projet n’est pas une diversion, mais bien la pièce maîtresse de sa stratégie — un terminal conçu pour ses modèles, ses abonnements et ses agents.

Source : Numerama

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !