Que prépare Yann Le Cun, la star française de l’IA à la tête de sa propre startup depuis son départ de Meta en novembre 2025 ? Après plus de dix ans à diriger le FAIR (Fundamental AI Research Lab), la branche en charge des recherches sur l’intelligence artificielle chez Meta, Yann Le Cun a pris son indépendance il y a quelques mois pour fonder AMI Labs, sa propre startup basée en France.
En cause : Yann Le Cun ne partage pas l’emballement de l’industrie pour les grands modèles de langage (LLM), la technologie derrière ChatGPT, Gemini ou Mistral AI. Mark Zuckerberg fait pivoter Meta vers une stratégie entièrement dédiée aux chatbots avec une nouvelle équipe « Superintelligence » qui déplaît à Yann Le Cun. Le Français est persuadé que les modèles de langage actuels (LLM) sont une impasse et se contentent de simuler l’intelligence humaine.
Sur BFM Business le 10 mars 2026, on apprend qu’AMI Labs vient de lever 1,03 milliard de dollars. L’entreprise est déjà valorisée 3,5 milliards de dollars grâce au soutien de géants comme Nvidia, Jeff Bezos et Softbank, mais aussi par les fleurons de l’entrepreneuriat français (Niel, Pinault, Dassault, Muliez).


Pourquoi AMI Labs est différent d’OpenAI, Anthropic ou Mistral ?
Contrairement à OpenAI avec ChatGPT ou Anthropic avec Claude, le but d’AMI Labs n’est pas de créer un énième chatbot capable de répondre à des questions.
Yann LeCun l’affirme depuis des années : l’IA générative est « 50 fois moins intelligente qu’un enfant de 4 ans ». Pour lui, les LLM ne sont qu’une illusion statistique de connaissance, car ils n’ont aucune compréhension du monde physique.

Yann LeCun rêve d’un changement de paradigme et pousse les « World Models » (modèles du monde). L’idée est de concevoir une IA capable de planifier des actions, de raisonner sous contrainte et d’anticiper les conséquences physiques d’un mouvement, à la manière d’un humain ou d’un animal. Entraîner une IA uniquement sur du texte revient à vouloir apprendre à conduire en lisant des livres selon Le Cun : c’est impossible.
Pour mener ce projet, AMI Labs débauche massivement chez les meilleures entreprises du monde entier, dont plusieurs piliers de son ancienne équipe au FAIR comme Michael Rabbat, mais aussi des figures de l’IA comme Alexandre Lebrun (ex-CEO de Wit.ai).
AMI Labs : une révolution française pour l’IA est-elle possible ?
La valorisation d’AMI Labs est très élevée pour une startup française, mais reflète surtout le caractère international de l’entreprise et le statut de son fondateur. AMI Labs s’installe à Paris, mais dispose aussi d’antennes à New York, Singapour et Montréal. Les investisseurs du monde entier misent sur la vision de Yann Le Cun pour faire quelque chose de différent.
Reste une réalité : Yann Le Cun n’est pas seul sur le terrain des modèles physiques. Google DeepMind, xAI, Nvidia et d’autres laboratoires planchent également sur des modèles capables de comprendre le monde, en grande partie parce qu’ils en auront besoin pour contrôler des robots humanoïdes. Rien ne garantit que les théories de LeCun seront celles qui permettront le prochain saut technologique majeur, alors que Google et d’autres ont déjà présenté des prototypes de ces modèles. On pense notamment au modèle Genie 3 qui permet de créer des mondes de jeux vidéo avec un prompt.
Si Yann Le Cun parvient à prouver que ses « World Models » fonctionnent et sont capables de choses impossibles ailleurs, alors le Français pourrait permettre à l’Europe et à la France de renforcer sa place dans la course à l’IA, en plus de pépites comme Mistral ou Kyutai. La route est longue, mais l’industrie accorde de l’importance à Yann Le Cun (en bien comme en mal, Elon Musk fait notamment partie de ses fervents opposants).
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