Dassault Aviation s’en doutait certainement. En présentant ses résultats annuels pour 2025, le 4 mars 2026, le constructeur aéronautique français s’exposait à des demandes d’éclaircissement sur le SCAF (système de combat aérien du futur), lors de la session de questions-réponses avec la presse. Cela n’a pas manqué, avec plusieurs prises de parole sur ce thème.
Inévitablement, le point de vue de l’entreprise sur les récentes déclarations du chancelier Friedrich Merz était attendu. Son PDG, Éric Trappier, a déclaré avoir « noté effectivement les propos du chancelier », celui-ci envisageant deux avions SCAF plutôt qu’un seul, car les besoins opérationnels de l’Allemagne et de la France seraient « différents ».

Une divergence que Dassault Aviation semble pratiquement découvrir, car, selon Éric Trappier, les autorités françaises, y compris « au plus haut niveau » affirment au contraire que les « besoins opérationnels sont identiques ». Il a même noté « qu’il y a un accord entre les opérationnels ». Comprendre : entre les militaires des trois pays (l’Espagne étant aussi membre du projet).
Ce désaccord sur les besoins opérationnels, couplé à la dispute entre Airbus et Dassault, les deux principales entreprises impliquées dans le SCAF, va-t-il tuer le SCAF ? L’hypothèse n’est pas à écarter, selon l’industriel français. Et la faute reviendrait à son partenaire : « Si Airbus maintient sa position de ne pas vouloir travailler avec Dassault, le sujet est mort. »
Un autre SCAF, avec d’autres pays ?
Pour autant, cela signerait-il la fin du projet SCAF ? Sans doute pas : Dassault Aviation a déjà fait savoir sa capacité de gérer un tel chantier de A à Z. Cependant, l’avionneur est tout à fait disposé à envisager d’autres coopérations à l’international. On sait par exemple que l’Espagne, membre du SCAF, est toujours motivée.
Et plus largement ? « Oui, on trouvera d’autres partenaires s’il le faut », a glissé Éric Trappier. Mais c’est un sujet éminemment politique : « C’est aux autorités françaises de proposer à d’autres pays, ou pas, de venir travailler sur un futur système d’avion de combat. » Dassault Aviation, de son côté, ne tient à s’assurer que d’une chose : être leader du projet.
La France estime qu’il lui faut un avion de 6e génération, ce qu’est le SCAF, car le Rafale n’est « que » de 4e génération (son cycle de vie prévoit des mises à jour régulières pour rester au niveau). De son côté, l’Allemagne a suggéré que ce jalon n’est peut-être pas nécessaire, du fait de l’acquisition du F-35, un appareil de 5e génération.
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