Sur Google Images, une recherche a priori banale met en avant des objets de décoration nazis.

Des objets de décoration nazis qui apparaissent sur Google Images, y compris en France ? C’est la découverte faite par des internautes ce 1er juillet 2022, avec une requête qui pourtant s’avère être tout ce qui a de plus banale : « desk ornament », soit « décoration de bureau » en français. Et pourtant, les premiers résultats regorgent de référence au Troisième Reich.

C’est l’écrivain Jason Pargin qui a médiatisé l’affaire, en reprenant les constats d’un autre internaute, Scott Alexander. « Question : Allez sur la recherche d’images de Google et cherchez « desk ornament’. Vous obtenez un tas de trucs nazis dans les premiers résultats ? », interroge-t-il. D’autres internautes confirment, en réaction à son tweet, tomber sur ces visuels.

desk ornament  Recherche Google

Nous avons également obtenu ces images avec la même requête, y compris en passant bien par Google France (google.fr) et non pas la version internationale du moteur de recherche. Il semble que seule cette requête soit touchée : sa traduction en français affiche d’autres visuels qui n’ont rien à voir. Même la recherche des mêmes termes, mais au pluriel, donne autre chose.

Dans le cas d’une recherche beaucoup plus orientée, comme « objet de décoration nazi », des images relatives au Troisième Reich apparaissent également, mais elles sont surtout issues d’articles d’actualité traitant d’affaires autour du nazisme ou pour signaler des affaires concernant des enchères controversées, que ce soit en France ou à l’étranger.

Nous avons pris contact avec Google France pour savoir si ce problème leur a été signalé — nous actualiserons le sujet dès que nous aurons une réponse de l’entreprise. L’hypothèse la plus vraisemblable paraît être un défaut de filtrage dans les résultats du moteur de recherche ou un contournement de l’algorithme pour faire remonter ces visuels dans le haut du classement.

Un premier retour de Danny Sullivan, un des responsables de la Recherche chez Google, a présenté ses excuses et suggéré une action à venir de l’entreprise : « Je m’excuse pour cela. Nous sommes d’accord pour dire que ce n’est pas ce que la plupart des gens attendraient ou désireraient, même s’il y a malheureusement apparemment beaucoup de ces choses décrites en utilisant ces termes (ce qui est ce que nous comparons). Nous allons voir comment améliorer cette situation. »

Google met à disposition des formulaires pour demander de supprimer une image des résultats de recherche et pour signaler du contenu a priori illicite. Plus généralement, Google est tenu de respecter la loi des pays dans lesquels il opère et la société signale dans son règlement que les contenus choquants ou incitant à la haine sont restreints ou interdits, selon les cas de figure.

Des problèmes récurrents sur divers sites web

Par le passé, Google, qui a été confronté au sujet de produits néo-nazis, a déclaré, après avoir supprimé les contenus litigieux : « Nous n’autorisons pas les publicités ou les produits vendus sur nos plateformes qui affichent des contenus choquants ou encouragent la haine. Nous appliquons ces politiques avec vigueur et prenons des mesures lorsque nous constatons qu’elles sont violées. »

Google n’est pas la seule entreprise à avoir été épinglée à ce sujet. Par le passé, Yahoo, Le Bon Coin et eBay ont aussi été épinglés. L’affaire concernant Yahoo a été à l’époque particulièrement médiatisée, car elle soulevait plusieurs problèmes de droit et dans diverses juridictions. Le sujet concernant l’accès et la vente à des objets nazis revient d’ailleurs régulièrement dans l’actualité.

En France, l’un des textes clés souvent mis en avant est l’article R645-1 du Code pénal. Celui-ci énoncé que le port ou l’exhibition en public d’un uniforme, d’un insigne ou d’un emblème rappelant ceux portés par les membres de l’Allemagne nazie s’exposent à une contravention de 1 500 euros, des peines de travaux d’intérêt général, une confiscation des objets en cause et diverses autres peines.