Grâce à une méthode inédite, un groupe d'astronomes a découvert un trou noir en-dehors de notre galaxie. Cette trouvaille va permettre de mieux comprendre ces objets très particuliers.

Voilà une découverte qui pourrait bien changer la donne dans l’étude des trous noirs, objets encore aujourd’hui entourés de mystères. Dans un communiqué publié le 11 novembre, l’European Southern Observatory annonce qu’un groupe d’astronomes a mis le doigt sur un petit trou noir situé en-dehors de notre galaxie. Il a été trouvé grâce à une méthode inédite, consistant à observer l’influence qu’il exerce sur l’orbite des étoiles de son voisinage.

Ce nouveau trou noir a été trouvé dans la zone NGC 1850, un amas de milliers d’étoiles situés à environ 160 000 années-lumière de la Voie lactée. Il est situé dans le Grand Nuage de Magellan, une galaxie naine considérée comme un satellite de la nôtre. La masse du trou noir est 11 fois supérieure à celle de notre soleil. 

L’amas d’étoiles NGC 1850 // Source : European Southern Observatory

Une avancée majeure pour mieux comprendre les trous noirs

Sara Saracino, en charge de cette étude, utilise une analogie parlante pour commenter cette méthode de détection révolutionnaire : « Comme le ferait Sherlock Holmes pour traquer un gang criminel grâce à leurs erreurs, nous observons chacune des étoiles de cet amas avec une loupe pour trouver des preuves de la présence de trous noirs sans les voir directement. » Il est en effet très difficile de trouver directement des trous noirs, en raison de leur invisibilité.

Habituellement, la présence d’un trou noir est trahie par le rayonnement qu’il émet en avalant de la matière ou par les ondes gravitationnelles émises lors d’une fusion (avec un autre trou noir, par exemple). La nouvelle méthode s’avère plus dynamique, comme le souligne Stefan Dreizler, membre de l’université de Göttingen. Il explique : « Quand ils forment un système avec une étoile, ils affectent ses mouvements d’une manière subtile mais détectable, ce qui nous permet de les trouver avec des instruments sophistiqués. » 

Sara Saracino et son équipe estiment que cette méthode va permettre de découvrir d’autres trous noirs ailleurs, ce qui aidera à mieux percer leurs secrets et davantage les caractériser. C’est d’autant plus vrai que le trou noir récemment révélé est assez jeune, car lié à un amas d’étoiles âgé de moins de 100 millions d’années (c’est peu à l’échelle astronomique). Ainsi, les chercheurs vont pouvoir mieux observer la façon qu’ont les trous noirs d’évoluer avec le temps. « En les comparant avec des trous noirs plus gros et matures dans des amas plus anciens, les astronomes sont susceptibles de comprendre comment ces objets grandissent en se nourrissant d’autres étoiles ou en fusionnant avec d’autres trous noirs. De plus, enregistrer la démographie des trous noirs au sein des amas d’étoiles améliore notre compréhension de l’origine des ondes gravitationnelles », souligne l’European Southern Observatory. 

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