Un nouveau millionnaire de la tech se lance dans le business de l'espace, mais cette fois pas pour y faire du tourisme : l'entreprise qu'il fonde s'intéresse plutôt aux débris en orbite autour de la Terre.

L’attrait de l’espace a fini par pousser un autre millionnaire à se lancer dans l’aventure. Alors que le secteur a déjà poussé de richissimes entrepreneurs comme Jeff Bezos, Elon Musk ou Richard Branson à investir massivement dans ce domaine, voilà qu’une autre figure de l’industrie de la tech s’y met. Cette fois, le nouvel entrant s’appelle Steve Wozniak et il s’agit du cofondateur d’Apple.

Dans un message publié le 13 septembre 2021 sur Twitter, Steve Wozniak a annoncé le début des activités d’une nouvelle entreprise tournée vers l’espace. Son nom ? Privateer. Mais, a-t-il précisé dans la foulée, celle-ci ne sera « pas comme les autres ». Le message pointe vers une vidéo, composée d’images d’archives et de séquences plus modernes, soutenue par une musique inspirante et une narration flatteuse, mais qui reste très évasive sur ce que veut faire Privateer.

Le site lui-même s’avère pauvre en contenu, en date du 15 septembre. « Nous sommes en mode furtif », peut-on lire sur la page d’accueil, où trône aussi la vidéo. Le reste n’est constitué que d’une page contact pour recevoir des actualités par mail. En fait, c’est au cours de l’AMOS Tech Conference, qui se déroule du 14 au 17 septembre à Hawaï, que des précisions sur Privateer seront données.

La participation de Privateer à l’AMOS Tech Conference constitue toutefois un indice sur ce qu’a en tête Steve Wozniak, mais aussi Alex Fielding, le patron de Ripcord et connaissance de longue date du premier — ils ont déjà collaboré ensemble, notamment chez Apple. Il est lui aussi dans l’aventure en tant que cofondateur de Privateer. En effet, AMOS est un acronyme pour « Advanced Maui Optical and Space surveillance ».

Vers une voiture-balai dans l’espace ?

En fait, Privateer ne devrait ni proposer du tourisme spatial ni de l’envoi de satellites. Son but devrait être la détection et le suivi des débris en orbite, mais également leur retrait. La présence de nombreux déchets autour de la Terre est un problème identifié de longue date par les agences spatiales. Rien que pour les objets en perdition de plus de 10 cm, on en dénombre environ 34 000.

Gizmodo a déniché un communiqué de presse, datant d’août 2021, qui conforte la piste d’une entreprise spécialisée dans le nettoyage de l’orbite. On y lit que Privateer est décrite comme une « nouvelle société de satellites axée sur la surveillance et le nettoyage des objets dans l’espace ». En clair, Privateer ne lancera donc pas de satellites, mais devrait en opérer. Ils pourraient servir à nettoyer l’orbite.

Cette image, extraite d’une vidéo explicative de l’Agence spatiale européenne, montre l’ampleur du problème des débris spatiaux. // Source : ESA

Il y a du travail : une vidéo de l’Agence spatiale européenne parue en avril 2021 donne des chiffres vertigineux sur l’état de la pollution orbitale. Outre les objets de plus de 10 cm, il est estimé qu’il y en a 900 000 entre 1 et 10 cm, 128 millions entre 1 mm et 1 cm et 2 000 milliards sous le millimètre. Le principal risque reste toutefois les gros objets, qui peuvent générer de nombreux éclats en cas de collision.

Ce que compte faire Privateer dans l’espace reste à déterminer : va-t-il chercher à déplacer les satellites hors service pour les positionner sur une orbite de rebut ou les précipiter dans l’atmosphère pour les faire brûler ? S’agit-il simplement de constater la situation sur place, en envoyant des satellites observateurs (il est d’ores et déjà possible de suivre les débris depuis le sol) ? Ou autre chose encore ?

Toujours est-il que Privateer n’occupe pas ce créneau tout seul. Le projet lancé par Steve Wozniak n’est pas le premier du genre non plus : d’autres initiatives, publiques et privées, existent. À titre d’exemple,  l’Agence spatiale européenne a signé cette année un contrat de 86 millions pour une mission en 2025. Objectif : dégager l’étage supérieur d’une fusée légère Vega utilisée en 2013.

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