Avant la fin de l'année, les premiers essais du futur moteur qui équipera les prochaines fusées européennes débuteront.

Quand Ariane 6 prendra son envol pour la toute première fois, en 2022, ce sera grâce au moteur Vulcain 2.1. Et ensuite ? Le successeur du lanceur européen, qui arrivera dans un peu plus de dix ans, bénéficiera d’une toute nouvelle motorisation. Son nom de code est déjà connu : Prometheus. Le projet, en gestation depuis plusieurs années, vient de franchir une étape importante, en ce début d’année 2021.

En effet, il a été annoncé la signature d’un contrat pour les essais de ce futur moteur. À travers cet accord impliquant à la fois le Centre national d’études spatiales (CNES) et ArianeGroup, des essais seront conduits en France, sur le site de Vernon, au nord-ouest de Paris. Pour cela, un prototype de lanceur, Themis, sera construit. Les premiers essais sont prévus dès la fin de cette année.

« C’est le premier contrat du plan de relance de la filière spatiale annoncé hier à Vernon par le président de la République et Bruno Le Maire  », le ministre de l’économie et des finances, a réagi Jean-Yves Le Gall, le président du CNES, le 13 janvier.

Themis
Themis. Vue d’artiste. // Source : ArianeGroup

Dans le cadre de ce vaste financement de soutien à l’économie, il a été annoncé un soutien de 500 millions d’euros sur deux ans pour soutenir le développement de la propulsion à hydrogène et les projets spatiaux. Dans le détail, il est prévu 30 millions d’euros pour le site de Vernon dans les travaux sur la propulsion à hydrogène (15 millions). Le reste ira à Prometheus.

« La France croit au spatial comme une filière d’excellence d’aujourd’hui et de demain », a lancé Emmanuel Macron alors qu’il visitait l’emprise d’ArianeGroup.

Concevoir un moteur très compétitif et performant

Ce contrat a été signé en ayant conscience de la concurrence de plus en plus forte dans le domaine des lanceurs, avec notamment SpaceX. Compte tenu de cette nouvelle donne, le but est d’avoir avec Prometheus un moteur à très bas coût, dix fois moins cher que Vulcain 2, qui équipe Ariane 5. Il s’agit aussi de maintenir et développer le savoir-faire français dans la propulsion liquide.

Prometheus, qui doit être opérationnel vers 2030, puise son identité dans la mythologie grecque — Prométhée s’est en effet emparé du feu sacré sur l’Olympe pour en faire don à l’humanité. Un tel nom a évidemment une certaine charge symbolique pour un projet de motorisation. Outre son coût bien moindre, Prometheus doit être polyvalent (et servir au successeur de Vega-C) automatisé et ré-allumable .

Prometheus constitue un enjeu stratégique. Le CNES rappelle qu’il est au «  au cœur de la stratégie européenne de préparation des lanceurs futurs », puisqu’il se trouvera dans la « nouvelle famille de lanceurs européens qui succédera à Ariane 6 et Vega-C ». Une fois les premiers essais démarrés fin 2021, d’autres rendez-vous sont prévus, notamment en 2025 avec des vols intégraux.

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