Le centre spatial guyanais se met au vert. L'ESA et le CNES souhaitent alimenter la quasi-totalité du port spatial de l'Europe avec des sources d'énergie renouvelables.

L’avenir de l’Europe en tant que puissance spatiale passera par les sources d’énergie renouvelables. Telle est l’annonce faite le 6 novembre par l’Agence spatiale européenne (ESA) et le Centre national d’études spatiales (CNES) dans un communiqué. L’objectif est qu’au moins 90 % de l’énergie consommée par le Port spatial d’ici la fin 2025 vienne des énergies « vertes ».

Pour y parvenir, le centre spatial guyanais s’appuierait d’une part sur des champs de panneaux solaires (avec une puissance totale maximale de 10 mégawatts) et d’autre part de deux unités de biomasse qui seront alimentées avec du bois mort afin de générer du biogaz. La mise en route des panneaux solaires surviendrait en 2023, la même année que l’installation des deux unités de biomasse.

Le recours à des sources d’énergie renouvelables répond à l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, auquel l’Union européenne adhère via l’accord de Paris sur le climat adopté fin 2015 lors de la COP21. Cela « pourrait permettre d’économiser environ 50 gigawattheures par an, réduisant ainsi l’empreinte carbone d’environ 45 000 tonnes d’équivalent CO2 », écrivent l’ESA et le CNES.

Des champs de panneaux solaires, le soir venu. // Source : Pixabay

Des économies et une réalité énergétique

Mais ce choix vise aussi à tenir compte de la réalité énergétique de la Guyane : il n’existe aucune centrale nucléaire sur place. Impossible d’y recourir pour alimenter le port spatial. Selon EDF, la production d’électricité en Guyane  vient surtout de l’hydraulique (55 % du mix énergétique en 2015), suivie du fioul (près de 40 %). Le photovoltaïque et la biomasse complètent ce mix.

Il y a aussi un enjeu financier : l’ESA et le CNES rappellent que «  la climatisation des bâtiments représente environ la moitié de l’énergie dépensée, l’autre moitié étant consommée par les processus énergivores liés aux ergols liquides et solides. La facture annuelle est de plusieurs millions d’euros ». Les deux agences considèrent que la biomasse et le solaire permettraient de réduire la note.

Cette bascule ne concerne évidemment pas les fusées elles-mêmes. Rappelons que la fusée Ariane 6 par exemple, avec ses trois moteurs, fait appel à une propulsion liquide (un mélange d’oxygène et d’hydrogène cryogénique pour les moteurs Vulcain 2.1 et Vinci) ou solide (une poudre qui figure dans les boosters P120C, qui servent aussi d’étage principal pour la fusée Vega-C).

La construction de ces champs de panneaux solaires et de ces deux unités de biomasse constitue le prochain gros chantier du centre spatial guyanais. Aujourd’hui, celui-ci est en train de finir l’érection du nouveau site de lancement de la fusée Ariane 6. À terme, ce sont donc quatre ensembles de lancement, des usines de production d’ergols et un centre de contrôle qui seront alimentés par des énergies d’origine renouvelable.

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