Une fusée américaine embarquant un satellite-espion a été clouée au sol à 3 secondes de la fin du décompte, à cause d'une anomalie détectée sur la partie sol du lanceur. La prochaine tentative n'aura pas lieu avant une semaine.

Si vous vous êtes levés de bonne heure samedi matin 29 août pour suivre le décollage d’une fusée Delta IV, mais que vous n’avez rien vu, c’est normal : le lancement qui devait survenir depuis la base de lancement de Cap Canaveral, en Floride, n’a pas pu être mené à son terme. En fait, le tir a été interrompu au tout dernier moment, alors qu’il ne restait plus que trois secondes au compteur.

La cause de l’interruption de la séquence de tir dans les ultimes secondes n’a pas encore été clairement identifiée par l’United Launch Alliance (ULA), la coentreprise formée par Boeing et Lockheed Martin pour proposer un service de mise en orbite de satellites. Selon Tory Bruno, président et directeur général de l’ULA, un système automatique a déclenché l’arrêt, pendant la séquence d’allumage, après une anomalie détectée au sol.

Dans des messages successifs publics sur Twitter, l’ULA a donné des nouvelles rassurantes sur l’état du lanceur ainsi que du satellite. Ni l’un ni l’autre n’ont souffert de cet abandon. La procédure de sécurisation des deux engins s’est déclenchée juste après, notamment pour procéder au vidage des réservoirs de la Delta IV, qui étaient nécessairement remplis de combustible cryogénique.

Un satellite-espion américain à bord

S’il n’est pas rare que des décollages soient interrompus pour une raison ou pour une autre, comme des conditions météorologiques trop dégradées, l’arrêt au tout dernier moment de la mission NROL-44 a une teinte particulière : en effet, il s’agit de mettre sur orbite un nouveau satellite-espion américain, dont les capacités et les missions sont classées secret défense.

Très peu d’informations sont disponibles. On sait simplement qu’il sera opéré par le NRO (National Reconnaissance Office), l’une des grandes agences de renseignement aux USA, et que les données qu’il recueillera serviront de toute évidence à Washington, mais aussi à ses partenaires de l’alliance Five Eyes : le Canada, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.

Delta IV
Un décollage d’une fusée Delta IV. Quand tout va bien. // Source : NASA/Bill Ingalls

« Le satellite soutient la mission globale de sécurité nationale du NRO, qui consiste à fournir des données de renseignement aux principaux décideurs politiques des États-Unis, à la communauté du renseignement et au ministère de la Défense », explique le NRO dans sa plaquette de présentation du satellite. La constellation du NRO compte des dizaines de satellites et tous les lancements n’ont pas été documentés.

Les équipes de l’ULA analysent depuis ce week-end les données du tir avorté pour mettre le doigt sur le dysfonctionnement ayant cloué au sol la Delta IV. Cela pourrait prendre quelques jours. La coentreprise américaine estime qu’il ne lui sera pas possible de retenter un tir avant au moins une semaine. La nouvelle date sera communiquée prochainement par l’ULA.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo