Une étude observe que les océans connaissent des mutations dans leur circulation et, ainsi, dans leurs écosystèmes.

Un travail de recherche publié en avril 2020 dans les Geophysical Research Letters met en avant une métamorphose profonde et exceptionnelle qui a lieu dans les océans en raison de l’impact humain sur le climat global. L’un des principaux auteurs de l’étude explique dans The Conversation que « des changements dans la circulation océanique semblent avoir provoqué une modification des écosystèmes de l’Océan Atlantique jamais advenue depuis 10 000 ans ».

Ce qui a motivé Peter T. Spooner à se lancer dans cette recherche ? Une idée reçue majoritaire, d’après lui, selon laquelle l’impact du changement climatique sur la structure océanique est quelque chose de lointain, qui appartient au futur et non pas au présent. Dans une précédente étude, Spooner avait déjà montré que le changement climatique avait provoqué un ralentissement des courants atlantiques. Pour cette nouvelle étude publiée en 2020, il a porté son attention sur le Sud de l’Islande, où les courants font que les fonds marins sont très condensés en fossiles datés d’avant l’ère industrielle. Il fallait avoir les points de comparaison les plus vastes possibles pour retracer l’évolution profonde des océans.

Entouré par un carré, la zone étudiée par cette étude. // Source : Peter Spooner

Les eaux chaudes remplacent les eaux froides

Peter T. Spooner a finalement constaté des changements — d’une ampleur inégalée depuis 10 000 ans — dans la circulation des océans au Nord de l’Atlantique. Pour le géologue, c’est clairement une conséquence du changement climatique, puisqu’il explique que les mutations de la circulation océanique viennent d’un océan moins salé. Or, « le changement climatique peut provoquer ce phénomène en augmentant les précipitations, la fonte des glaces et la quantité d’eau qui sort de l’océan Arctique ». 

Ces changements dans la circulation océanique, en raison d’un réchauffement des eaux, ont des conséquences observables sur les écosystèmes :

  • Réduction des espèces de plancton adaptées à l’eau froide et augmentation des espèces adaptées à l’eau chaude, ce qui montre «  que les eaux chaudes ont remplacé les eaux froides » ;
  • Déplacement vers le Nord d’espèces de poissons tel que le maquereau, l’une des populations les plus pêchées, ce qui a d’ailleurs déjà des conséquences socioéconomiques ;
  • Quand on se rapproche des États-Unis et du Canada, le courant chaud du Golfe monte maintenant au Nord, ce qui là encore cause des déplacements d’espèces ayant des effets grandissants sur la pêche ;
  • Des fossiles, plus au Nord de l’Islande, montrent que davantage d’eau chaude atteint l’Arctique depuis l’Atlantique, « ce qui a probablement contribué à la fonte de la banquise ».

Pour Spooner, cela signifie qu’il faut approfondir ce versant des études climatiques. «  Il semble que les océans soient plus sensibles aux changements climatiques modernes que ce qu’on pensait avant, et nous allons devoir nous adapter ».

Crédit photo de la une : Pixabay

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