La Voie lactée n'est pas un disque d'étoiles parfaitement plat, mais incurvé. Plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer la situation. Grâce aux données de Gaia, un nouveau scénario est envisagé : une collision avec une autre galaxie.

Notre Voie lactée n’est pas un disque plat et on saurait désormais pourquoi. Le disque galactique serait incurvé à cause d’une collision avec une autre galaxie. Une équipe de scientifiques l’explique dans la revue Nature Astronomy, dans une étude publiée le 2 mars 2020.

Selon les auteurs, la forme de la Voie lactée pourrait être expliquée par « une rencontre récente, ou en cours, avec une galaxie satellite ». La torsion du disque galactique (courbé vers le haut d’un côté, et vers le bas de l’autre côté) intrigue la communauté scientifique qui propose des hypothèses pour tenter de l’expliquer. Dans ce nouveau travail, les auteurs indiquent que « la déformation galactique évolue avec le temps », ce qui leur permet d’envisager le scénario d’une rencontre avec une autre galaxie.

La structure de la Voie lactée. // Source : Stefan Payne-Wardenaar ; Inset : NASA/JPL-Caltech ; Layout : ESA

Parmi les théories proposées pour expliquer la courbure du disque galactique, des scientifiques ont envisagé l’influence possible du champ magnétique intergalactique (du milieu situé en dehors des galaxies) ou d’un possible halo de matière noire. Or, les auteurs de la nouvelle étude expliquent que la déformation du disque galactique n’est pas statique : ils qualifient ce phénomène de précession. Ils ajoutent que cette précession va plus vite qu’escompté, ce qui ne serait pas possible dans les deux premiers scénarios proposés. C’est pourquoi ils envisagent la possibilité que la déformation soit provoquée par une collision avec une autre galaxie.

Une collision possible, mais avec quelle galaxie ?

Les astronomes ignorent encore avec quelle galaxie cette collision aurait (ou a encore) lieu, pas plus qu’ils ne savent quand cette collision a pu commencer. Il pourrait s’agir de la galaxie naine du Sagittaire, un galaxie satellite de la Voie lactée. Cette galaxie aurait déjà traversé le disque galactique de la Voie lactée à plusieurs reprises et elle pourrait un jour finir par être complètement absorbée par notre galaxie, résume l’Agence spatiale européenne dans un communiqué.

Pour étudier notre galaxie et son évolution au cours du temps, les scientifiques ont eu recours au catalogue Gaia (la deuxième version sortie en 2018). Grâce aux données de ce satellite de l’Agence spatiale européenne, les auteurs ont pu travailler sur les propriétés de 12 millions d’étoiles dans la galaxie. Le satellite mesure la vitesse de déplacement d’étoiles dans le ciel, ce qui aide les scientifiques à retracer l’évolution de la Voie lactée. « Nos résultats suggèrent que des forces externes venant des galaxies satellites en train d’interagir [ndlr : avec notre galaxie] jouent un rôle important et continu dans la formation du disque externe de la Voie lactée », concluent les scientifiques.

Quoiqu’il en soit, ce phénomène de déformation n’a pas d’influence sur la vie terrestre, rassurent les astronomes. Les mesures réalisées dans cette étude concernent les parties extérieures du disque galactique, à 52 000 années-lumière du centre de la galaxie. Notre Soleil se trouve à une distance de 26 000 années-lumière du centre galactique.

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