Au Canada, les paléontologues ont découvert un cousin du T-Rex. Cela comble un vide sur le moment où le tyrannosaure est devenu le plus grand des prédateurs.

« Nous sommes ravis d’annoncer la première nouvelle espèce de tyrannosaure à avoir été découverte au Canada en 50 ans », ont fait savoir le 10 février 2020 les scientifiques du musée royal Tyrrell de paléontologie. L’espèce de tyrannosaure que nous connaissons tous et toutes le plus est très certainement le T-Rex. Mais ce petit nouveau vient lui voler temporairement la vedette.

Ce dinosaure récemment répertorié est le plus ancien ancêtre connu du Tyrannosaure Rex en Amérique du Nord. Il chassait dans les paysages canadiens il y a au moins 79 millions d’années avant notre ère ; soit 2,5 millions d’années avant le T-Rex. Sur le plan de la généalogie, ils sont « cousins ». Il a suffisamment de différences avec les quatre autres espèces nord-américaines (Daspletosaurus, Gorgosaurus, Albertosaurus et Tyrannosaurus) pour être isolé et obtenir sa propre dénomination.

Cette espèce de tyrannosaure est la cinquième ayant vécu au Canada. // Source : Global

C’est ainsi que les paléontologues qui l’ont découvert l’ont appelé Thanatotheristes degrootorum. Derrière cette mystérieuse appellation grecque, la traduction est des plus explicites, puisque Thanatotheristes signifie littéralement « le Faucheur de la Mort ». Quant à degrootorum, ce terme relève d’un hommage à la famille De Groot — grâce à qui tout a commencé. En 2008, Sandra et John de Groot arpentaient l’Alberta du Sud, près d’un lac, lorsqu’ils ont remarqué, sous la glace, ce qui ressemblait à une mâchoire de dinosaure. C’en était bel et bien une. Ces deux passionnés de paléontologie ont, quelques temps plus tard, confié tous les ossements trouvés au musée Tyrrell.

Quelles sont les spécificités de ce tyrannosaure ?

Il a fallu plusieurs années — une décennie — avant qu’un doctorant réalise que ces nouveaux ossements ne relèvent pas d’une catégorie connue de tyrannosaure. Les différences s’expriment à travers de légères variations dans la forme du crâne ; une crête très prononcée unique ; une pommette plus ovale ; et les ossements apparaissaient clairement plus anciens que la plupart déjà répertoriés. Mais pourquoi est-il affublé d’un nom si macabre ? Cela tient à son contexte d’évolution.

Une photo d’un morceau de la mâchoire de ce dinosaure, pour se rendre compte des proportions. Ne serait-ce que la base d’une canine fait déjà presque la taille d’un doigt humain. // Source : Royal Tyrrell Museum

Le Faucheur de la Mort était imposant. En hauteur, il mesurait 2,4 mètres. Sur sa longueur, de sa queue à sa mâchoire, son corps s’étendait sur près de 8 mètres. Voilà qui est très grand, très effrayant, et probablement fatal quand l’on est un herbivore sans la moindre canine suffisamment compétitive pour se défendre. C’est bien pour cette raison que cette espèce prédatrice a inspiré aux scientifiques le surnom de Faucheur de la Mort. « Nous choisissons un nom qui incarne ce que ce tyrannosaure était, en tant que seul grand prédateur connu en son temps au Canada », justifie Darla Zelenitsky, co-autrice du papier scientifique présentant la découverte.

Du fait de la chaîne alimentaire de l’époque, les paléontologues manquent d’ossements de tyrannosaures, comparativement aux ossements nombreux d’herbivores. Ce manque est toujours plus grand à mesure que l’on remonte dans le temps et les fossiles se font très rares à partir de 80 millions d’années avant notre ère. On suppose qu’il y a eu autour de cette période une transition du stade de petit prédateur à celui de prédateur au plus haut de la chaîne alimentaire. Les chercheurs affirment donc que « cette découverte est importante, car elle remplit un grand vide dans notre compréhension de l’évolution des tyrannosaures. »

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