L'usage de la cigarette électronique est de plus en plus contesté aux États-Unis, où des maladies mystérieuses des poumons, potentiellement liées à des produits d'e-cigarette contrefaits, inquiètent les autorités. Une enquête de grande ampleur est en cours. Donald Trump a demandé l'interdiction de tous les produits aromatisés qui n'ont pas le goût de tabac.

« Nous ne pouvons pas accepter que les gens tombent malades. Et nous ne pouvons pas accepter que cela touche nos enfants », a affirmé Donald Trump, le 11 septembre 2019, à propos d’une enquête américaine de grande ampleur sur plus de 400 cas de maladies des poumons détectées sur des utilisatrices et utilisateurs de cigarettes électroniques.

Le président des États-Unis s’est dit en faveur d’une interdiction pure et simple de tous les produits aromatisés (à l’exception du goût « tabac ») de cigarette électronique. Cela inclut les parfum menthe et menthol, qui sont les plus prisés.

La FDA, le gendarme américain de la consommation, a dit qu’il allait finaliser un plan « dans les prochaines semaines » pour mettre en place l’interdiction de ces produits. Pour rappel, aucune cigarette électronique n’a officiellement obtenu le sceau de validation de la FDA aux États-Unis. Si cette interdiction entre en vigueur, cela signifie que tous les produits non-autorisés et ceux qui n’ont pas un goût tabac devront être retirés de la vente.

https://www.youtube.com/watch?v=lqTbZndVehU // Source : YouTube/ keella garre

L’e-cigarette a pris une grande ampleur outre Atlantique fin 2017 avec le lancement de JUUL, le fabricant de très petites cigarettes électroniques accompagnées de « recharges » aromatisées fortes en nicotine, qui a été très rapidement un succès auprès des jeunes et des non-fumeurs. Aujourd’hui la startup américaine (dont la maison-mère de Malboro détient désormais 35 %) est très scrutée par la FDA.

Des causes de maladies liées au vapotage toujours mystérieuses

Cette mesure sera prise dans un contexte de vive inquiétude aux États-Unis, où des centaines de cas de maladie des poumons liée au vapotage ont été recensés par le CDC, le Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, à travers le pays, depuis l’été 2019. Plusieurs personnes sont décédées.

Début septembre, l’État de New York a réussi à cibler une molécule particulière qui semble commune à de nombreux cas : « des taux très hauts d’acétate de vitamine E » ont été repéré dans les produits inhalés par de nombreux malades. Ils proviendraient d’une huile essentielle qui aurait été ajoutée dans certains produits contrefaits et illégaux, à base de THC (cannabis).

Où sont les études ?

Mais le CDC estime que ces produits illégaux ne sont pas les seuls à être potentiellement nocifs, et qu’il conviendrait d’être prudents sur l’utilisation des e-cigarettes en général. Robert Redfield, son directeur du CDC, a souligné qu’ « aucune substance, même l’acétate de Vitamine E, n’a été identifiée dans tous les produits testés » (sur les centaines de cas étudiés, ndlr). « Les gens doivent comprendre qu’il est très probable qu’il y ait des causes multiples », a-t-il insisté, rapporte Politico. Sur 53 cas étudiés dans deux États, le New England Journal of Medicine (NEJM) a observé que 84 % des patients ont concédé avoir consommé des produits de THC.

En juillet dernier, l’OMS avait tiré la sonnette d’alarme concernant l’utilisation des cigarettes électroniques, que l’organisation qualifie d’ « incontestablement nocives » pour la santé, mais sans pouvoir apporter aucune preuve concluante. Malgré le fait que ces produits soient utilisés depuis une douzaine d’années, leur multiplicité et diversité, ainsi que le manque d’attention des pouvoirs publics, a rendu quasi-inexistantes les études complètes, longues et détaillées sur leur dangerosité potentielle.

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