Une huile aurait été identifiée dans des produits de vapotage de cannabis comme étant commune aux produits, illégaux car modifiés, qui ont été inhalés par de nombreuses personnes malades dans l'État de New York.

La mystérieuse maladie des poumons qui inquiète les autorités américaines, et aurait causé la mort de deux personnes qui utilisaient des cigarettes électroniques, pourrait être liée à des produits illégaux contenant de la marijuana, a déclaré le département de santé de l’États de New York dans un communiqué le 5 septembre 2019.

Il s’agirait plus spécifiquement d’une huile provenant d’un produit chimique dérivé de la vitamine E, présente dans des produits qui contiennent du THC (cannabis).

Un homme fume une cigarette électronique // Source : Flickr/CC/E-cig Twigg

Des hauts taux d’acétate de vitamine E

À New York, 36 cas de maladie similaire ont été repérés ces derniers mois : tous avaient consommé  «  au moins un type de produit de vapotage qui contenait du cannabis avant de tomber malades », précise l’organisme.

Après des tests en laboratoire, « des taux très hauts d’acétate de vitamine E » ont été observés dans «  quasiment tous les échantillons de produits qui contenaient de cannabis ». Parmi eux, un acétate précis de vitamine E était présent dans tous les produits évalués. Ce composant n’a pas été retrouvé dans les autres produits légaux : ceux autorisés officiellement par l’États de New York, ni ceux à base de nicotine.

En somme, il semblerait que cette grave maladie des poumons provienne, comme les autorités américaines le soupçonnaient déjà, d’un type de produit de vapotage bien spécifique, qui serait vendu illégalement. « L’acétate de vitamine E est un supplément nutritionnel qu’on se procure facilement et qui n’est pas dangereux lorsqu’il est ingéré comme vitamine ou appliqué sur la peau. En revanche, le département continue de mener l’enquête concernant les effets sur la santé lorsqu’il est inhalé, car ses propriétés d’huile peuvent être associées aux symptômes observés. »

« Ces produits non-réglementés ne sont pas testés et peuvent contenir des substances dangereuses. »

Le département de santé a même partagé un lien vers des images de certains produits contenant l’acétate mis en cause : il y a la marque Chronic Carts, une mystérieuse entreprise quasiment sans présence en ligne, et dont il est difficile de remonter la trace. Son compte Instagram est d’ailleurs récemment passé en privé. Il y a aussi une autre marque, Dank Vapes, dont le packaging est proche de Chronic Carts très coloré.

Des produits mis en cause par le département de santé de New York // Source : health.ny.gov

Il y a « probablement de multiples causes »

Les autorités rappellent qu’il ne faut « jamais utiliser » des produits non-réglementés et achetés «  sous le manteau » : « Les produits qui contiennent du cannabis ne sont pas accessibles légalement dans l’États de New York pour un usage récréatif. Ces produits non-réglementés ne sont pas testés et peuvent contenir des substances dangereuses. Les vapoteurs ne doivent jamais utiliser des produits modifiés ou ajouter des substances dans ces produits qui n’auraient pas été sélectionnées par les fabricants. »

Et de rappeler qu’aux États-Unis, aucune cigarette électronique n’est officiellement reconnue par la FDA (l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments). Récemment, l’OMS a affirmé que toutes les e-cigarettes étaient « nocives », mais concédé qu’il n’y avait pas de preuves concluantes, car pas assez d’études sur le sujet pour en connaître les dangers.

Depuis mi-août 2019, l’agence de santé publique américaine enquête sur plus de 200 cas de maladie des poumons potentiellement liée à l’inhalation de produits par vapotage. Deux personnes sont décédées, à plusieurs milliers de kilomètres l’une de l’autre. Les découvertes de New York pourraient aider mieux comprendre ces cas, mais Robert Redfield, le directeur du CDC (le Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) américain au niveau national, a toutefois tenu à être très prudent : « Aucune substance, même l’acétate de Vitamine E, n’a été identifiée dans tous les produits testés » (sur les 200 cas, ndlr). « Les gens doivent comprendre qu’il est très probable qu’il y ait des causes multiples », a-t-il insisté, rapporte Politico.

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