Mettre une fausse géolocalisation sur ses photos Instagram permettrait d'éviter la saturation et la destruction de sites naturels. C'est du moins ce que pense WWF.

Voir un joli lieu sur les réseaux sociaux peut donner envie de s’y rendre. Le problème, c’est que cela va parfois trop loin. Certains lieux naturels « instagrammables » sont surfréquentés et la faune ou la flore qui y évolue en temps normal est mise en danger. Dans sa dernière campagne publicitaire dévoilée lundi 15 juillet, le WWF, une ONG environnementale, invite les internautes à renseigner une fausse géolocalisation sur leurs photos pour l’éviter.

Comment activer la fausse géolocalisation ?

La fausse géolocalisation s’appelle «  I protect nature » (« je protège la nature »). Elle est disponible sur Instagram. Lorsque vous publiez une photo sur l’application, allez dans l’onglet «  ajouter un lieu » puis dans la barre de recherche, tapez la phrase. Le faux lieu apparaît alors. ll sera visible sous votre pseudonyme, à l’endroit où l’on voit normalement la géolocalisation d’une image, comme on peut le voir :

L’ONG invite à le faire pour tous les sites naturels en France mais il n’y a priori pas de raison pour que cela ne fonctionne pas aussi à l’étranger.

Sensibiliser au tourisme de masse

L’objectif est de sensibiliser aux effets négatifs du tourisme de masse auquel Instagram contribue parfois, comme l’explique WWF. « La géolocalisation permet de partager des paysages idylliques, éloignés des sentiers battus et peu connus du grand public et de célébrer ainsi la beauté de la nature, reconnaît l’organisme. Mais elle a aussi pour conséquence l’arrivée soudaine d’un tourisme de masse sur des sites qui ne sont pas destinés à accueillir un grand nombre de visiteurs ».

Le WWF évoque parmi les problèmes la création d’infrastructures touristiques, «  souvent construites au prix de la protection de la biodiversité » et la pollution plastique (déchets laissés sur place).

Un exemple de plastique polluant les océans. // Source : Max Pixel/CC0 Domaine public (photo recadrée)

Dans un rapport publié le 7 juin, le WWF avait alerté sur l’état de la pollution plastique dans la mer Méditerranée. La France était épinglée comme le plus gros producteur de déchets de la zone : rien qu’en 2016, le pays a produit 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques, soit plus de 66 kilogrammes par personne.

Après des photos publiées sur Instagram, certains lieux ont été pris d’assaut. Ce fut le cas d’un banal champ de fleurs aux États-Unis. Plus de 100 000 touristes ont afflué le jour de la Saint-Patrick et la mairie a dû créer de petits chemins en urgence pour éviter que le piétinement des marcheurs n’abîme trop les racines des coquelicots.

Instagram a aussi servi à l’inverse à promouvoir des mouvements écologistes citoyens, comme le challenge #Detrash, qui consistait à publier des avant-après de lieux nettoyés.

Partager sur les réseaux sociaux