Dans une zone proche des trous noirs, le développement de la vie ne serait pas impossible. Des scientifiques ont nuancé l'hypothèse selon laquelle la vie ne peut pas exister dans les noyaux actifs de galaxies.

L’environnement des trous noirs serait une piste à ne pas négliger pour rechercher des traces de vie. Des scientifiques sont arrivés à cette conclusion le 24 mai 2019 dans la revue The Astrophysical Journal. Leur étude, repérée par Live Science, s’intéresse au cœur des galaxies, pour déterminer les chances qu’une possible vie se développe.

Les scientifiques ont étudié ce qu’il appelle les « noyaux actifs de galaxie » (NAG). Ces noyaux sont plus brillants et rayonnants que le reste de la galaxie. Leur existence est attribuée à la présence d’un trou noir supermassif (de une ou plusieurs millions de masses solaires) au cœur de la galaxie : les NAG sont liés à l’accrétion provoquée par le trou noir, c’est-à-dire une zone où la matière est capturée à cause de la gravitation.

Un noyau actif de galaxie. // Source : Wikimedia/CC/Rothwild (photo recadrée)

Ces NAG empêchent-ils vraiment le développement de la vie ?

Les trous noirs sont des objets célestes dont le champ de gravitation est si intense que la matière qui tombe dedans ne peut s’en échapper, y compris la lumière. Cette définition peut sembler contradictoire avec l’idée de vie (surtout lorsqu’on sait quel destin nous attend en tombant dans un trou noir). Pourtant, les noyaux actifs de galaxie ne seraient pas si incompatibles avec l’existence possible d’une vie, assurent les scientifiques.

Jusqu’à présent, on soupçonnait que la présence des NAG créait une zone rendant toute trace de vie impossible au cœur des galaxies. Cela semblait logique : après tout, aucune vie extraterrestre n’a été repérée au centre de la Voie lactée, à proximité du trou noir Sagittarius A*. Les auteurs nuancent cette hypothèse.

La Voie lactée. // Source : Wikimedia/CC/Andrew Z. Colvin, Frédéric Michel (photo recadrée)

La photosynthèse serait possible

Ces NAG peuvent créer ce que les chercheurs appellent des « blocs de construction biomoléculaires » et même activer un processus de « photosynthèse sur certaines planètes et lunes » (le fait de synthétiser des matières organiques à partir de la lumière). La zone dans laquelle les NAG n’offrent pas des conditions propices au développement de la vie serait même plus réduite que ces autres endroits où il semble possible que la vie puisse exister. Autour de Sagittarius A*, la zone recevant juste assez de radiations pour que la vie soit possible s’étendrait jusqu’à 140 années-lumières (par rapport au centre du trou noir).

Les auteurs reconnaissent cependant l’une des lacunes de leur étude : « certains des paramètres biologiques utilisés ont été adoptés à partir d’espèces particulières sur Terre », écrivent-ils. Il est donc possible que les résultats ne soient pas valables « pour d’autres mondes » ne partageant pas des caractéristiques comparables à celles de notre planète.

Crédit photo de la une : NASA/JPL-Caltech (photo recadrée)

Partager sur les réseaux sociaux