Lancé en 2009, le télescope spatial Kepler a permis de repérer des milliers d'exoplanètes et d'observer des dizaines de milliers d'étoiles. Mais faute de carburant, sa mission doit cesser dans les mois à venir. Mais la relève est là.

L’heure de la fin de mission se rapproche pour le télescope spatial Kepler. En effet, le carburant qui lui reste ne devrait pas lui permettre de fonctionner au-delà de 2018, même si d’infinies précautions sont prises pour éviter de puiser inutilement dans le réservoir. L’agence spatiale américaine, qui a communiqué sur Kepler à la mi-mars, pense en effet que le satellite sera à court de carburant dans quelques mois.

Si c’est avec un pincement au cœur que la Nasa dira adieu à Kepler, la communauté scientifique pourra se consoler en se rappelant l’énorme contribution du télescope spatial dans la découverte d’exoplanètes. Encore récemment, en octobre 2017, le satellite a repéré vingt nouvelles planètes potentiellement habitables, dont l’une, KOI-7923.0, présente des similitudes avec la Terre.

Vue d’artiste d’une exoplanète.
NASA Ames/JPL-Caltech/T. Pyle

Des milliers de mondes découverts

En date du 10 mai 2016, selon un décompte de la Nasa, Kepler a découvert à lui seul 2 325 exoplanètes. C’est presque la moitié des 5 000 mondes qui étaient connus à l’époque. Le télescope spatial s’est aussi intéressé aux étoiles et en a observé pas moins de 150 000. C’est d’ailleurs Kepler qui est tombé sur la fameuse étoile KIC 8462852, dont les variations de brillance ont été à l’origine de gros fantasmes aliens.

Pas mal pour un appareil lancé en 2009 et qui a connu dès 2012 un premier gros incident technique. Surtout qu’en 2013, les choses se sont dégradées au point que la Nasa a pris la décision de renoncer à la mission, lorsqu’une deuxième roue de réaction s’est cassée, ce qui ne permettait plus de pointer correctement l’appareil dans la bonne direction.

K2 et pression de la lumière

Mais comment Kepler a-t-il pu poursuivre sa mission malgré ces grosses avaries ? L’engin « a bénéficié d’un second souffle en utilisant la pression de la lumière du Soleil pour maintenir son pointage, comme un kayak manœuvrant dans le courant avec sa pagaie », explique la Nasa. Une nouvelle mission a alors été mise sur pied et a été baptisée K2, non pas en référence à la montagne, mais juste pour dire… Kepler 2.

« Cette mission étendue exige que le vaisseau spatial déplace son champ de vision vers de nouvelles parties du ciel à peu près tous les trois mois », indique la Nasa. « Au départ, l’équipe Kepler a estimé que la mission K2 pourrait mener 10 campagnes avec le carburant restant. Il s’avère que nous étions trop conservateurs. La mission a déjà réalisé 16 campagnes, et ce mois-ci, elle est entrée dans sa 17ème ».

Transiting Exoplanet Survey Satellite TESS
TESS.
CC NASA/Leif Heimbold

TESS et PLATO

Lorsque Kepler sera HS, la Nasa ne sera pas démunie dans sa quête d’exoplanètes. L’agence s’appuiera alors sur son nouveau télescope spatial, Transiting Exoplanet Survey Satellite (TESS), qui repose sur le même principe que Kepler, la photométrie, qui permet aux chercheurs de tirer des conclusions en étudiant l’intensité et la variabilité de la lumière des étoiles.

La mise en orbite de TES doit survenir mi-avril. Le décollage aura lieu à Cap Canaveral et sera opéré par une lanceur Falcon 9 de SpaceX.

Il est à noter que l’Europe n’est pas en reste dans la recherche d’exoplanètes. L’Agence spatiale européenne a en effet approuvé l’été dernier la mission PLATO (PLAnetary Transits and Oscillations of stars, soit l’étude des transits planétaires et des oscillations stellaires), qui sera opérationnelle à partir de 2026. Ce sera un véritable observatoire spatial, qui doit fonctionner pendant quatre ans.

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