SpaceX a placé 26 satellites Starlink V3 en orbite ce lundi 28 septembre 2026, lors du 14e vol de son Starship. Ils pèsent environ 52 tonnes au total. Une infographie publiée sur X classe ce chargement au troisième rang des plus lourds de l’histoire, derrière la navette soviétique Bourane et la station américaine Skylab.

C’est l’actualité centrale de la conquête spatiale en cette fin septembre 2026 : lors de son quatorzième vol, la fusée géante Starship a atteint l’orbite pour la toute première fois et, à cette occasion, a déployé 26 satellites Starlink de troisième génération. Le vol orbital a cependant été bref, d’à peine trois heures, au lieu des dix prévus à l’origine.

Or, dans le feu de l’action, une donnée est passée un peu inaperçue : avec une masse estimée à environ 52 tonnes, ce chargement propulse déjà le lanceur américain parmi les plus gros porteurs de l’histoire spatiale. Le compte Flight Atlas l’a rappelé dans une infographie publiée sur X le 28 septembre.

Selon ce visuel, le vol de lundi permet à Starship de se classer à la troisième place des charges utiles les plus lourdes jamais envoyées en orbite. Devant la mégafusée, on ne trouve que deux lanceurs, qui ont envoyé en orbite des charges environ une fois et demie plus lourdes : la fusée soviétique Energuia et le lanceur mythique américain Saturn V.

payload to orbit
L’infographie. // Source : Flight Atlas

Dans le cas d’Energuia, il s’agissait de lancer la navette Bourane, avec une charge utile indiquée à 79,4 tonnes en novembre 1988. Saturn V, lui, a mis en orbite en mai 1973 Skylab, la première station spatiale de la NASA, qui pesait 77,1 tonnes.

Ce classement repose toutefois sur une règle de calcul particulière.

Que compte-t-on vraiment ?

En effet, Bourane et Skylab ont été lancés par des fusées sans disposer eux-mêmes de moteurs pour leur ascension. Ils n’étaient que des « passagers » d’Energuia et de Saturn V. Bourane n’était cependant pas tout à fait inerte : Energuia l’a lâché juste sous l’orbite, et la navette a allumé ses petits moteurs de manœuvre pour s’y positionner.

À l’inverse, le vaisseau spatial (le Ship) utilise ses propres moteurs pour finaliser sa mise en orbite, jouant le rôle de second étage du lanceur. L’infographie ne comptabilise donc que les 26 satellites rangés dans sa soute, estimés à 2 tonnes chacun. D’où l’estimation de 52 tonnes (26 × 2 tonnes), sans inclure la masse du Ship.

Si l’on ajoutait la masse du vaisseau lui-même à celle des satellites, le total dépasserait largement les 100 tonnes.

Mais il faudrait alors compter aussi les navettes spatiales américaines, parce qu’elles montaient grâce à leurs propres moteurs principaux : l’orbiteur, qui atteignait l’orbite avec sa cargaison, dépassait à lui seul les 100 tonnes (plus de 122 tonnes pour Columbia lors de la mission STS-93 en 1999). Le réservoir externe et les propulseurs d’appoint, eux, étaient largués avant l’orbite.

Les 52 tonnes déployées lundi restent loin de la capacité maximale du vaisseau. SpaceX affirme qu’un Starship pleinement chargé pourra emporter jusqu’à 60 de ces satellites. Avec 60 satellites d’environ 2 tonnes, soit quelque 120 tonnes (au-delà des « plus de 100 tonnes » que SpaceX prévoit pour la version réutilisable du Starship v3), le vaisseau passerait devant Bourane et ses 79,4 tonnes, en tête de ce classement.

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