Le premier vol orbital du Starship, parti du Texas ce lundi 28 septembre, s’est terminé au bout de trois heures, au lieu des dix heures prévues par SpaceX.

SpaceX peut avoir le sourire. Pour le premier vol orbital de la fusée géante Starship, les choses se sont globalement très bien passées. Le décollage et l’ascension du lanceur n’ont pas connu de problème particulier, et le Super Heavy, nom donné au premier étage (le booster), a réussi son amerrissage dans le golfe du Mexique, environ sept minutes après le tir.

Pour la seconde partie du vol, en revanche, le plan initial n’a pas pu être complètement respecté. Il était prévu au départ de procéder à un vol orbital devant durer une dizaine d’heures, à environ 275 kilomètres d’altitude au-dessus de la Terre. De quoi faire facilement six tours du globe. Mais en fin de compte, la fusée est rentrée plus tôt que prévu.

Le Ship (l’étage supérieur de la fusée) a enclenché son retour sur Terre après un peu plus de deux heures de vol. Le véhicule a quand même eu le temps de larguer 26 satellites Starlink. Mais dans son bilan du vol publié sur son site, l’entreprise américaine explique avoir limité le temps passé en orbite « par excès de prudence », à cause d’un problème moteur survenu pendant la montée.

Décollage du Starship, le 28 septembre 2026. // Source : Via X @SpaceX (image recadrée)
Le décollage. // Source : SpaceX

Qu’est-ce qui a cloché ?

Peu après la séparation entre le Super Heavy et le Ship, ce dernier a allumé ses six moteurs Raptor. Or, l’un des trois Raptor Vacuum, des versions à large tuyère conçues pour pousser dans le vide spatial, s’est éteint trop tôt. Les cinq autres ont pu cependant compenser en tournant plus longtemps que prévu, et ça a suffi pour atteindre la trajectoire visée.

Ce problème moteur avait été communiqué assez tôt durant le direct de SpaceX de ce lundi 28 septembre. C’est d’ailleurs pour cette raison que, pendant plusieurs minutes, les équipes de suivi de vol ont tardé à donner leur feu vert pour passer le Ship en vol orbital. Il s’agissait de vérifier les données de vol et de s’assurer que le vol demeurait sans risque.

Sans nouvel allumage des moteurs, le vaisseau serait retombé tout seul dans l’atmosphère (on en serait resté à un vol suborbital, comme les précédents), en suivant une trajectoire dite « passivement sûre », qui ne demande aucune manœuvre, pour finir dans l’océan Indien. SpaceX a profité de ce temps de décision pour vérifier que les trois Raptor « niveau de la mer », ceux qui servent aux rallumages suivants, étaient toujours en bon état.

Pourquoi une panne moteur écourte un vol en orbite

Si le moteur Vacuum qui s’est coupé n’a pas empêché la mise en orbite, il a cependant jeté un doute sur la suite. Pour redescendre, le Starship doit rallumer un Raptor et freiner. Sans ce coup de frein, un engin de cette taille resterait coincé en orbite un moment avant de retomber sans aucun contrôle. Trop risqué aux yeux de SpaceX.

À ce stade, l’entreprise n’a toujours pas dit pourquoi son Raptor Vacuum s’est éteint.

Le plan de vol initial prévoyait un amerrissage au large du Chili après 10 heures de vol. Mais c’est là que la prudence a pris le dessus. Les contrôleurs ont lancé la désorbitation 2 h 12 après le décollage. Il a ensuite fallu près d’une heure au vaisseau pour redescendre jusqu’à l’eau. Ils ont visé le nord du Pacifique, l’une des deux zones préparées avant le lancement.

starship espace
Le Ship dans l’espace. // Source : SpaceX

« Par mesure de précaution, compte tenu du problème moteur survenu lors de l’ascension, l’équipe de contrôle de vol a décidé de limiter la durée passée en orbite et a procédé à la désorbitation de Starship », fait savoir le groupe. Au préalable, les deux zones de retour avaient été identifiées de façon à écarter tout trafic maritime et aérien.

Et ça a marché. Le Ship a rallumé un seul Raptor pour la toute première désorbitation du programme et a traversé l’atmosphère. Il a ensuite rallumé ses trois moteurs de niveau de la mer pour se redresser, puis s’est posé sur l’eau à l’endroit prévu. SpaceX a salué le vol sur X. Cela, même si le Ship a fini par exploser une fois en mer.

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