Gwynne Shotwell l’avait annoncé en juin 2026 : le vol n° 14 du Starship se fera en orbite. La présidente et directrice d’exploitation de SpaceX avait présenté cette étape majeure dans le développement de la fusée géante comme une suite logique après un certain nombre d’essais suborbitaux.
Il faut dire que l’entreprise n’a pas cherché la facilité. Alors que le lanceur n’était pas tout à fait opérationnel, son architecture a été modifiée pour aboutir à la version V3 inaugurée lors du douzième vol, ajoutant une nouvelle complexité. Résultat : la liste des étapes à valider continue de s’allonger et la perspective de passer en mode orbital s’éloigne.
Les moteurs Raptor au cœur du 13e vol du Starship
En conséquence, ce treizième vol du Starship prévu dans la nuit du 16 au 17 juillet est particulièrement décisif, car c’est lui qui doit subir l’ensemble des tests critiques permettant enfin de quitter ce mode suborbital. Des tests auxquels le précédent Starship avait échoué.
En premier lieu, SpaceX considère que la récupération des deux étages est secondaire pour valider l’architecture. C’est pourquoi il n’y aura pas de tentative pour faire atterrir le booster et l’étage supérieur sur une plateforme. Au lieu de cela, ils finiront dans la mer, mais de manière contrôlée, ce qui signifie sans l’explosion spectaculaire qui a eu lieu la dernière fois.

En revanche, les moteurs Raptor sont au cœur des interrogations. Lors du douzième vol, l’un d’eux aurait dû se rallumer alors que la fusée était à haute altitude, mais cet allumage n’a jamais pu avoir lieu. Or, sans ce moteur, les conséquences pourraient être réellement dramatiques.
En effet, si le Starship reste sur une trajectoire suborbitale, il finira par retomber rapidement quoi qu’il arrive, même si les moteurs ne sont plus là pour le contrôler. En revanche, sur une trajectoire orbitale, un défaut des moteurs pourrait conduire le lanceur à rester en orbite sans aucun contrôle, puis à retomber dans l’atmosphère, avec la possibilité qu’il atterrisse sur des zones habitables.
Une stratégie prudente de la part de SpaceX
Pour pouvoir atteindre l’orbite, le Starship doit donc être certain de maîtriser ses moteurs, afin que son vol ne présente aucun problème de sécurité. C’est une condition indispensable pour que la FAA, l’autorité étatsunienne en charge des vols, donne son accord à un tel essai.
En attendant, l’incertitude demeure, surtout parce que l’entreprise n’a pas communiqué sur les causes des défauts des moteurs lors du dernier vol. SpaceX a seulement assuré que des corrections logicielles avaient été entreprises, et que le vol avait été globalement considéré comme un succès.

Se focaliser sur les moteurs et pas sur la partie récupération peut donc être vu comme une stratégie prudente de la part de SpaceX, qui veut avant tout valider la possibilité d’aller en orbite.
Malgré tout, ce vol sera aussi l’occasion de tester, pour la première fois, de vrais satellites Starlink de nouvelle génération qui vont tenter de se connecter avec le reste de la constellation, mais aussi de prendre des images du Starship pendant le vol. Un ajout relativement mineur, mais qui a au moins le mérite d’apporter un peu de nouveauté à un vol qui devrait beaucoup ressembler au précédent.
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