Alors que les cas positifs d’hantavirus augmentent à travers le monde, la question des traitements pour faire face à cette maladie se pose. Sauf que la recherche médicale piétine sur un virus qui n’a que peu d’occurrences chez les humains et qui demeure encore mal connu.

En France, une femme est dans un état grave après avoir été contaminée par l’hantavirus, avec des symptômes qui se sont rapidement déchaînés. Ceci est un des rares exemples de réaction au virus et il n’existe à ce jour pas de remède précis pour y faire face.

Il faut dire que peu de cas ont été documentés dans la littérature scientifique, même si ce type de virus est connu dès les années 1970. Jusqu’à la récente vague de contamination, on dénombrait quelques cas de maladies transmises par des rongeurs, mais qui ne correspondaient pas à la souche actuelle, Andes, qui est la seule à pouvoir être transmissible d’humain à humain.

Des cas trop rares

En raison de la rareté de ces contaminations, aucun traitement spécifique n’a été développé depuis la connaissance de ce type de virus. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) précise sur son site : « Le soin face à cette maladie se déroule surtout sur le traitement des symptômes, et la surveillance médicale constante de la respiration, du cœur, et des complications des reins. »

En d’autres termes, lorsqu’une personne est admise en soin hospitalier après une contamination, il n’y a rien d’autre à faire que de traiter sa fièvre, veiller à ce qu’elle soit bien hydratée et réussir à l’oxygéner.

La prise en charge peut être difficile car l’hantavirus se caractérise par une aggravation soudaine des symptômes. Dans un cas classique, les premiers signes médicaux sont ceux d’une grippe assez classique, puis tout dégénère rapidement. Hémorragies, dysfonctionnement des poumons, détresse respiratoire… Tout se produit en même temps et nécessite des transfusions, une oxygénation, et de nombreux soins à prodiguer rapidement et simultanément.

Malgré ces difficultés, si aucun traitement n’a encore été développé, c’est parce que les cas répertoriés sont aussi divers et mal identifiés. L’OMS estime qu’on en compte entre 10 000 et 100 000 à travers le monde, sans plus de précision. En d’autres termes : nous ne sommes pas sur un enjeu majeur de santé publique qui aurait nécessité des recherches sur de nouveaux médicaments.

En plus, le fait que le virus n’était pas transmissible entre humains, jusque-là, excluait le risque d’une épidémie. Un argument de plus pour consacrer les fonds de la recherche à d’autres sujets plus urgents. Au lieu de cela, l’OMS et les organismes de santé préféraient sensibiliser autour des risques de contamination, en précisant de veiller au respect de l’hygiène, surtout avec des rongeurs à proximité.

Des vaccins au stade des « travaux préliminaires »

Pour ce qui est des vaccins, le Hantavax a été développé en Corée du Sud mais ne concernait qu’une seule souche du virus, Hantaan, présente majoritairement en Asie,. Il a quelques points communs avec les vaccins contre la grippe.

À propos de la fameuse souche Andes, on note l’existence d’une étude de 2023 publiée dans la revue scientifique The Journal of infectious diseases, où des essais ont été menés sur 48 adultes. Les résultats étaient prometteurs, avec des tests qui ont montré la création d’anticorps, sans effets secondaires inquiétants.

hantavirus bateau
Le MV Hondius, incubateur involontaire du hantavirus. // Source : Montage Numerama

Malgré tout, il ne s’agissait que d’une étude préliminaire et le vaccin n’en est pas du tout au stade d’une production en grande quantité, et encore moins d’une commercialisation. Comme pour le traitement, le faible nombre de cas et la mauvaise caractérisation du virus rendent tout investissement incertain pour trouver une solution pour contrer la maladie.

Il reste la piste des vaccins à ARN messager, popularisés pendant la crise du Covid. Là aussi, les résultats cliniques sont peu nombreux, et les rares exemples connus ne concernent pas la souche Andes non plus. D’après Bloomberg, l’entreprise Moderna en serait déjà à des travaux préliminaires pour concevoir un vaccin. Mais c’est certainement l’aggravation ou non de la situation qui déterminera si ces recherches vont être accélérées, et surtout financées.

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