La mission Artémis II vient tout juste de rentrer sur Terre, mais d’autres nouvelles nous arrivent déjà de la Lune. Une nouvelle étude parue le 7 avril 2026 dans la revue Nature Astronomy, et repérée par le site Space, pointe en direction d’un endroit précis de notre satellite où de l’eau pourrait se trouver en grandes quantités.
Plus précisément, il s’agit de glace d’eau. Elle serait abondante au niveau du pôle Sud, là où les futures missions habitées doivent alunir. Pour qu’elle reste intacte durant des milliards d’années, il faut qu’elle reste dans l’ombre en permanence, pour que la chaleur émise par le Soleil ne provoque pas sa sublimation.
Des cratères dans l’ombre depuis des milliards d’années
Dans leurs travaux, les scientifiques se sont servis de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO), lancée en 2009, et dont le but est justement de préparer les missions habitées. Parmi ses instruments scientifiques, LRO dispose de LAMP (Lyman Alpha Mapping Project), un spectromètre qui se sert des rayonnements ultraviolets pour cartographier les dépôts de glace d’eau. Il a notamment l’avantage de pouvoir bénéficier de ces rayonnements pour voir dans les zones qui ne sont pas éclairées par le Soleil, et qui sont justement celles qui sont les plus intéressantes pour dénicher cette glace d’eau.



Repérer ces cratères est en réalité difficile. Il ne suffit pas de trouver ceux qui sont dans l’ombre aujourd’hui. Il faut aussi étudier les mouvements de la Lune et du Soleil durant des milliards d’années, afin d’estimer quelles sont les zones lunaires dans lesquelles les rayons solaires n’ont jamais pu se glisser, ou presque.
De plus, nous ne savons pas précisément comment de l’eau est arrivée sur la Lune. Il s’agirait du résultat d’impacts de comètes et de météorites, mais nous ignorons si un impact géant a complètement bouleversé la composition de notre satellite, ou si cela s’est fait petit à petit au cours de son existence.
Les auteurs de l’étude sont partis du principe que l’eau était distribuée de manière aléatoire un peu partout sur la Lune, et se sont servis des instruments de LRO pour étudier la température à la surface. Cela a ensuite été couplé à des modèles informatiques afin de connaître l’évolution de la température des cratères, individuellement.
Le cratère Haworth, un bon candidat
Ainsi, plusieurs bons candidats ont été identifiés. Parmi les cratères qui ont été dans l’ombre durant de très longues périodes, le cratère Haworth se distingue. Situé tout près du pôle Sud, il n’a pas été exposé au Soleil depuis au moins 3 milliards d’années, et les signaux radar indiquent qu’il pourrait contenir de grandes quantités de glace d’eau.

Le fait qu’il soit très vieux en fait un choix avantageux. Les auteurs pensent que l’eau s’est accumulée plus ou moins continuellement au cours du temps. Cela aurait été favorisé par plusieurs petits impacts d’astéroïdes ou de comètes. D’autres pistes existent : une ancienne activité volcanique sur la Lune qui aurait mené l’eau du sous-sol jusqu’à la surface, ou même à la suite de des vents solaires qui auraient fourni l’hydrogène nécessaire à la formation d’eau.
Ces résultats ont beau être prometteurs, ils restent moins intéressants qu’un retour d’échantillons, mais permettent déjà d’identifier les sites les plus prometteurs. Avec la mission Artémis IV, les États-Unis espèrent faire atterrir des humains sur la Lune d’ici 2028, dans le but d’y construire ensuite une base lunaire. La présence d’eau serait alors un atout considérable lorsque le choix du site d’atterrissage devra être fixé. Pendant ce temps, la Chine prévoit aussi une arrivée, dans le même secteur et avec les mêmes contraintes, pour 2030.
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