Les fossiles se forment habituellement à partir de restes solides ou, en tout cas, faits de matière capable de résister au temps. Cependant, il existe une exception qui a toujours intrigué les scientifiques : des organismes à corps mous venant du fond des océans et datant d’il y a 570 millions d’années, dans la période géologique dite de l’Édiacarien. Contre toute attente, ils se sont fossilisés de manière très précise sous forme d’empreintes dans le grès.
Des scientifiques ont étudié de plus près ces organismes pour réussir à déterminer par quel phénomène ils se sont fossilisés. Leur étude est parue dans la revue Geology le 15 décembre 2025, mais son communiqué n’a été relayé que le 7 janvier 2026.
Le secret ? Un mélange d’argile
Les fossiles provenaient d’un site de Terre-Neuve au Canada et d’une autre région située dans le nord-ouest du pays. En les analysant, les chercheurs ont réussi à mettre en évidence le rôle des minéraux argileux dans le processus de fossilisation ainsi que leur provenance marine (argile authigène) ou continentale (argile détritique).

Ils ont découvert que, dans les sédiments ayant recouvert les organismes marins, les argiles détritiques étaient présentes dès le départ. Dans l’eau de mer de l’Édiacarien riche en silice et en fer, les argiles continentales ont ensuite servi de lieu de formation pour les argiles d’origine marine. Le mélange a joué un rôle de ciment naturel, figeant les sédiments autour des organismes, préservant ainsi leurs formes (même celles des organismes à corps mous, qui sont habituellement fragiles).
Là où la découverte fait sensation, c’est qu’il a longtemps été admis que cette préservation exceptionnelle et cette fossilisation étaient dues à la composition des organismes et non à la chimie de l’environnement.
Avant l’explosion cambrienne, la maturation édiacarienne
« Les organismes d’Édiacara présentent une apparence tout à fait étrange. Certains ont une symétrie triradiale, d’autres des bras spiralés, d’autres encore des motifs fractals »,explique Lidya Tarhan, principale autrice de l’étude. « Au premier abord, il est très difficile de les situer dans l’arbre du vivant. »
Cependant, réussir à mieux les appréhender comblerait une faille importante et éclairerait le processus d’évolution des formes de vie complexes sur Terre.
Cette faune provient d’une période considérée comme charnière, car elle est située seulement quelques dizaines de millions d’années avant la période dite de « l’explosion cambrienne », il y a environ 540 millions d’années. Cette période doit son nom au fait que, dans presque toutes les branches de l’évolution des animaux actuels, il y a eu une explosion de diversité et de complexité.
Mais, avant cette explosion ? Les chercheurs émettent de plus en plus l’idée qu’elle a été précédée d’une « longue phase de maturation », comme l’appelle Lidya Tarhan, et la faune de l’Édiacarien en a été une étape importante.
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