Le satellite Taifa-1 est le premier satellite développé par le Kenya. Il sera lancé ce 10 avril via une fusée SpaceX. Une réussite technologique, économique, mais aussi un outil contre une sécheresse de plus en plus durable dans le pays.

C’est une étape historique pour le programme spatial kényan. Ce lundi 10 avril dans la soirée (ou le 11 avril selon les fuseaux horaires), le pays va lancer son premier satellite, baptisé Taifa-1, qui signifie « Nation-1 » en swahili. Un « moment de fierté », se réjouit le directeur de l’Agence spatiale kényane.

L’engin — un cubesat 3U (de forme carrée) — a été entièrement conçu et développé par des ingénieurs du pays (SayariLabs et Kenya Space Agency, KSA) ; et la fabrication a été en partie partagée avec un fabricant aérospatial bulgare (EnduroSat) afin de réduire le coût. Le décollage aura lieu depuis le sol des États-Unis, à la Vandenberg Space Force Base, en Californie, en collaboration avec SpaceX — via une fusée Falcon-9.

À quoi servira Taifa-1 ?

Taifa-1 est un satellite d’observation, qui est notamment équipé d’une caméra dite hyperspectrale, capable de produire des images dans une très large bande spectrale (plusieurs dizaines de longueurs d’onde).

Hillary Kipkosgey, directeur de l'agence spatiale du Kénya, et une part de l'équipe de SayariLabs. // Source : KSA
Hillary Kipkosgey, directeur de l’agence spatiale du Kénya, et une part de l’équipe de SayariLabs. // Source : KSA

Il permet, d’une part, au Kenya de développer son industrie aérospatiale, qui avait commencé son développement en 2018 avec un nanosatellite expérimental. Le pays y trouve donc un intérêt technologique et économique. D’autre part, ce nouveau satellite, pesant une tonne, est présenté comme ayant une utilité « agricole » pour la sécurité alimentaire du pays. Il fournira aux autorités kényanes des données satellitaires environnementales, précises et régulières, permettant une meilleure gestion des ressources. Il offrira, plus largement, une surveillance écologique et un système d’alerte.

C’est crucial dans ce pays qui connaît actuellement, comme toute la région Est de l’Afrique, une sécheresse durable d’une intensité inédite qui décime la biodiversité, et qui provoque une grave insécurité alimentaire menaçant la survie de milliers de personnes. Cinq saisons de pluie, consécutives, ont connu des précipitations bien plus faibles que la normale.


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