La dernière mise à jour de la liste noire des pires sites pirates montre que l'hébergeur français 1Fichier est toujours considéré comme une plaque tournante des œuvres culturelles piratées.

Ce n’est pas en 2020 que l’hébergeur 1Fichier.com sortira du radar des ayants droit. Dans le dernier rapport du représentant américain au commerce, qui établit chaque année une liste noire actualisée des sites accusés de laisser faire le piratage d’œuvres culturelles, la célèbre plateforme demeure, aux yeux de Washington, l’un des hauts lieux en matière d’infraction au droit d’auteur.

La raison : d’après les titulaires de droit d’auteur, la plateforme est extrêmement peu réactive et encline à répondre aux infractions qui lui sont notifiées. Le taux de réponse du service serait de 0,12 %, contre 0,59 % l’an passé et 2 % l’année d’avant. Or, 1Fichier, qui est édité par la société française Dstorage, est considéré comme l’une des plateformes les plus utilisées pour échanger des contenus piratés.

Le site propose pourtant une page pour signaler les abus de toutes sortes et décrit deux méthodes pour demander le retrait d’un contenu. L’entreprise prévient néanmoins que « toute dénonciation d’un contenu qui n’est pas préalablement qualifié ou qui est mal qualifié […] ne sera pas prise en compte », ce qui a probablement une incidence sur le taux de réponse de l’entreprise.

1Fichier
La page d’accueil d’1Fichier.

Concrètement, 1Fichier fonctionne comme un service d’hébergement de fichiers. Similaire à des sites comme Mega, MediaFire et RapidShare, il offre un espace de stockage de base et des solutions payantes permettant d’envoyer des fichiers plus volumineux en ligne (300 Go par fichier). Or, 1Fichier est accusé de laisser prospérer le piratage pour attirer des visiteurs et en convertir autant que possible en clients.

Un service comme 1Fichier permet de générer des liens publics donnant accès à tel ou tel document stocké sur ses serveurs. Une utilisation enfantine qui, aux yeux du représentant au commerce, a contribué à son succès, surtout dans l’Hexagone. « Ce service est populaire en France », observe-t-il, et « continue à avoir des millions de visiteurs par mois », alors même que des mesures à son encontre ont été prises.

Il utilise aussi d’autres alias : alterupload, cjoint, cloudstorage, desfichiers, dl4free, megadl, tenvoi, pjointe, mesfichiers et piecejointe.

Restrictions des moyens de paiement

Il est fait référence ici aux diverses mesures prises depuis 2015 par des prestataires de services de paiement à son encore, en refusant de signer avec lui un contrat de vente à distance ou bien de rompre les accords précédemment conclus. En 2019, le sujet a atterri devant l’Autorité de la concurrence, mais celle-ci a rejeté en juillet la plainte de Dstorage pour défaut d’éléments suffisamment probants.

Dans son communiqué de l’époque, l’Autorité de la concurrence avait rappelé le caractère potentiellement sulfureux de 1Fichier.com : le site «  est régulièrement décrit par des rapports et études, tant français qu’étrangers, comme permettant d’accéder à des copies de jeux vidéo, films ou séries qui seraient illicites », pouvait-on lire dès l’introduction, avant d’expliquer plus en détail la position des services de paiement.

Un site qui est considéré comme une plaque tournante du piratage de contenus

Ainsi, « les règles de fonctionnement du groupement des cartes bancaires, de Visa et Mastercard obligent leurs adhérents à contrôler l’activité des commerçants avec lesquels ils signent un contrat, afin notamment d’identifier les activités jugées à risque et d’éviter l’utilisation d’une carte de paiement pour la rémunération d’activités illégales ». Comme le business autour du piratage d’œuvres culturelles.

« Ces règles ont donc pour seul objectif, dans un contexte national et international de lutte contre la diffusion de contenus illicites, tels que des œuvres ou fichiers audiovisuels portant atteinte au droit d’auteur, d’éviter que les moyens de paiement ne soient utilisés pour financer une activité illégale d’hébergement de fichiers. Leur objet n’est donc pas de porter atteinte à la concurrence », ajoutait-elle.

Les cartes bancaires ne sont d’ailleurs par les seuls moyens de paiement à être soumis à des restrictions. Il n’est pas non plus possible de passer par PayPal. « De nombreux acteurs financiers, parfois incontournables, et en position de monopole, refusent catégoriquement les services d’hébergement et de stockage sur Internet », déplore Dstorage. Qui désormais se base essentiellement sur les transferts bancaires SEPA.

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