Pour la première fois dans ce dossier, nous allons évoquer un titre tout simplement inédit en France. Aussi bien l’animé, que les romans d’origine. Comme quoi, côté culture japonaise, toutes les perles n’arrivent pas forcément chez nous.

Cela fait trois ans d’affilé que le light novel fait office de « Poulidor » local au classement des meilleures ventes annuelles. C’est dire si Kono subarashii sekai ni shukufuku o ! (littéralement Une bénédiction pour ce monde merveilleux !) est un des isekai les plus populaires actuellement. Ce succès a été évidemment boosté par l’animé produit par Studio Deen et scindé en deux saisons de dix épisodes, chacune diffusée en 2016 et 2017. Mais ce qui fait la particularité de l’œuvre de Natsume Akatsuki (15 tomes au compteur) et qui la distingue du tout-venant, c’est d’aborder le genre sous l’angle de la comédie pure.

Attention, ce n’est pas un récit d’aventures parsemé de quelques gags pour détendre l’atmosphère façon Danmachi ou No Game no Life. Non KonoSuba est un vaudeville transposé dans un univers de jeu de rôle, doublé d’une parodie des isekai. Vous voulez rire à gorge déployée un bon coup ? C’est ici que cela se passe. Kazuma Satô est un lycéen ordinaire. Après une mort prématurée, il rencontre une déesse, nommée Aqua, qui lui propose de se réincarner dans un monde fantastique. Avec en plus, la possibilité d’y emmener avec lui un objet divin ou une capacité spéciale de son choix. Se moquant ouvertement de lui après son décès embarrassant, Aqua déchante rapidement lorsque Kazuma la choisit en personne pour l’accompagner dans ce nouveau monde…

© Akatsuki Natsume, Mishima Kurone / Kadokawa / KonoSuba Production Committee

« Explosion ! »

Notre héros va pourtant vite regretter son choix puisque la déesse s’avère être un authentique boulet. Imbue d’elle-même, capricieuse mais surtout gaffeuse et insouciante, Aqua n’est pas le genre de « love interest » que nous avons l’habitude de voir. Mais Kazuma n’est pas en reste. Il livre une prestation bien éloignée de l’image du jeune japonais bien sous tous rapports abreuvant les isekai. La vie d’aventurier est compliquée, surtout lorsque l’on n’a aucun pouvoir, aucune expérience et surtout pas d’argent. Kazuma perd vite son enthousiasme pour laisser place à une attitude cynique et agressive. Malgré cela, il est difficile de ne pas s’attacher à ce duo imparfait car tellement humain.

Il en est de même pour les deux autres membres du groupe : Megumin, dont la magie explosive est inutile dans les donjons et Darkness, une femme paladin masochiste. KonoSuba joue avec les codes du genre et son cadre de fantasy est souvent un prétexte pour un déluge de gags. Une des forces comiques de la série est de confronter les héros à des situations classiques de jeux de rôle mais en les ramenant souvent à la réalité.

C’est toute l’essence d’une parodie qui se moque gentiment d’un genre archi-codifié, sans toutefois le renier. Soyons clair : KonoSuba est un pur isekai. Si l’on excepte quelques dérives humoristiques à base de fan service, l’animé est aussi l’une des meilleures comédies que l’animation japonaise a pu nous offrir sur les dernières années.

© Akatsuki Natsume, Mishima Kurone / Kadokawa / KonoSuba Production Committee

Alors pourquoi KonoSuba n’est pas disponible en France ? Deux réponses possibles : soit les ayants droits demandent un tarif trop élevé pour la licence, soit ils ne veulent tout simplement pas la vendre. Crunchyroll dispose pourtant des droits, mais seulement en dehors de l’Europe. Maintenant que la série est terminée, nous avons peu de chances qu’une plate-forme de VOD veuille investir dessus.

Toutefois, un espoir persiste avec la sortie au Japon en août prochain d’un long-métrage. Cette adaptation du cinquième tome de la série de romans fait suite aux deux saisons et sera produite cette fois-ci par J.C Staff (l’équipe technique reste toutefois la même). Personnage le plus populaire de la série, Megumin devrait être au centre de l’intrigue, puisque celle-ci se déroulera dans son village d’origine…

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