Pour la deuxième partie du dossier, nous allons tricher un peu car DanMachi n’est pas une histoire Isekai, dans le sens où le héros ne vient pas d’un autre monde (en fait, nous n'en savons rien). Mais pourtant, nous allons voir que la série contient tous les ingrédients du genre.

DanMachi – La Légende des Familias est au départ un light novel de Fujino Ômori pour l’écriture et Suzuhito Yasuda (Durarara ! !) pour les illustrations. Le roman comprend à ce jour treize volumes dont les six premiers sont disponibles en France chez Ofelbe. Il existe aussi un spin-off, Sword Oratoria, centré sur un groupe de personnages secondaires de la saga principale et comptant 10 volumes (inédits chez nous). De ses propres mots, la lecture de Sword Art Online a été pour Ômori un déclencheur et une source inspiration pour créer l’univers de DanMachi.

Son roman a rapidement été un succès et la consécration est arrivée en 2015 avec plus d’un million d’exemplaires vendus et une première place au classement des ventes de light novels au Japon. Ce succès est aussi dû en grande partie à la diffusion de l’animé la même année. Mais avant de revenir sur celui-ci, il faut savoir que DanMachi est l’abréviation de Dungeon ni Deai o Motomeru no wa Machigatteiru Darô ka, qui veut littéralement dire « Est-ce un tort de chercher des rencontres romantiques dans un donjon ? » Tout un programme.

Familia Myth

Produit par J.C Staff (Les Enfants de la baleine), cette adaptation couvre les cinq premiers volumes du light novel. L’histoire se déroule dans la cité d’Orario, abritant un gigantesque donjon souterrain. Les dieux, qui s’ennuyaient au paradis, sont tous descendus sur Terre pour accorder leurs pouvoirs à ceux qui viendraient dans leur « Familia ». Bell Cranel est un aventurier débutant et le seul membre de la Familia Hestia, une déesse impopulaire. Bien qu’il soit très faible, il dispose d’une compétence spéciale lui permettant de devenir plus fort rapidement. Bell va alors être au centre de l’attention de tous, en particulier de la gente féminine…

DanMachi puise son inspiration dans les RPG et plus précisément des jeux massivement multi-joueurs à l’instar de Sword Art Online. En effet, les personnages gagnent de « l’XP » au fil des explorations, acquérant des compétences spéciales ou autres pouvoirs magiques. Les dieux jouent des rôles de maîtres du jeu, manipulant des aventuriers avides de trésors. On retrouve alors cette course au « farming », pratique consistant à récolter de l’argent, des objets et de l’expérience en parcourant des donjons. Comme dans tout MMORPG, le principal fil rouge de l’histoire consiste à suivre la progression du personnage principal. Ne cherchez donc pas d’intrigue complexe ici.

La filiation avec l’œuvre de Reki Kawahara s’arrête donc finalement assez rapidement. Que ce soit au niveau de l’atmosphère générale ou du contenu, DanMachi s’avère nettement moins ambitieux, jouant davantage la carte de la comédie d’aventures que de la réflexion sur l’intrusion du virtuel dans notre société. Le ton est bien plus léger et la série préfère mettre en avant la bonne humeur, souvent communicative, de ses personnages. L’animé arrive alors à jongler avec succès entre les situations comiques (les rivalités entre les filles, le plus souvent) et l’exploration du donjon.

Les 13 épisodes sont disponibles sur Wakanim et en DVD/blu-ray sur Anime-Store.

Sword Oratoria

Sword Oratoria eut aussi droit à son adaptation en 2017, couvrant les quatre premiers volumes du light novel. Cette fois-ci, nous suivons un groupe d’aventuriers expérimentés de la Familia Loki auquel appartient la belle Aiz Wallenstein. Même s’il est conseillé d’avoir vu Familia Myth avant, ne serait-ce que pour apprécier les références disséminées, on peut suivre l’histoire sans. Le principal atout de ce spin-off est de mettre en valeur les personnages les plus charismatiques de DanMachi. Pas de héros débutant ici mais des guerriers chevronnés et de haut niveau qui parcourent les niveaux les plus dangereux du donjon.

L’intrigue se déroule en parallèle de Familia Myth. On assiste parfois aux mêmes séquences mais suivant un point de vue différent. Par exemple, la meilleure scène de la série mère, à savoir l’affrontement entre Bell et le Minotaure, est de nouveau présente mais avec une légère variation. Cette autre vision des évènements apporte à l’univers de DanMachi un petit plus appréciable. Beaucoup moins avare en action que Familia Myth, Sword Oratoria met régulièrement en valeur la Princesse de l’épée et lui offre même un antagoniste de choix en la personne de Revis. Cela n’arrive pas souvent, mais il faut avouer que le J.C Staff livre ici une copie exemplaire en terme de réalisation et d’animation.

Il est toutefois regrettable que les autres membres du groupe soient toujours aussi peu exploités, sauf Lefiya Viridis. La jeune mage elfe monopolise le cadre et devient rapidement insupportable avec son culte de la personnalité envers Aiz. Il est évident que le personnage sert à détendre d’atmosphère. Seulement voilà, ça ne fonctionne pas. Heureusement sa présence est plus discrète dans la seconde moitié de la série pour faire place à la véritable héroïne : Aiz Wallenstein.

Les 12 épisodes sont disponibles sur Wakanim et en DVD/blu-ray sur Anime-Store.

Les aventures de Bell Cranel sont loin d’être terminées. La saga DanMachi passera à la vitesse supérieure l’an prochain avec la diffusion du long-métrage Arrow of the Orion, d’après une histoire originale de Fujino Ômori, mais aussi la suite de Familia Myth dont la seconde saison a été annoncée sans toutefois être datée encore. Le light novel s’améliorant au fur et à mesure des tomes, on est déjà impatient de connaitre la suite.

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