Découvrez chaque semaine un jeu de société que nous avons sélectionné pour vous (avec amour et passion). Cette semaine, c'est Mū qui est à l'honneur.

Pour accéder à la caste dirigeante de Mū, vous devrez témoigner de vos aptitudes en bâtissant une Cité-Source plus prospère que celles de vos concurrents… Ne nous attardons pas trop sur le thème de , totalement secondaire, mais intéressons-nous plutôt à ce qui fait son intérêt : sa mécanique.

Chaque joueur commence la partie avec son plateau individuel, vide, de 3×3 cases, et deux cartes de projets, les mêmes pour tout le monde.

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Une partie en cours à quatre // Source : Bankiiiz Éditions

La première phase du jeu consiste à « drafter » d’autres projets, par le biais d’une variante assez originale d’une mécanique pourtant déjà bien connue. Chaque joueur reçoit ainsi quatre cartes, en joue une, en garde une autre, puis passe les restantes à son voisin. On ajoute celles reçues à sa carte conservée, et on recommence ce cycle encore deux fois.

Les cartes projets rapporteront des points de victoire en fin de partie, ainsi qu’un effet en cours de jeu. Mais pour cela il faut d’abord leur fournir les jetons sources requis. Il en existe de trois couleurs différentes, et on les obtient en posant des bâtiments lors de la phase principale du jeu.

Découpée en trois manches identiques, elle est rythmée par un fonctionnement similaire au draft des projets, sauf que cette fois on manipule des cartes bâtiments, et qu’après avoir sélectionné sa carte, on la pose directement sur un emplacement vide de son plateau personnel.

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Un bâtiment agricole // Source : Bankiiiz Éditions

Chaque bâtiment comporte des moitiés de source sur ses quatre côtés. Si la carte posée permet d’en compléter une, on reçoit la ressource correspondante qu’on pose immédiatement sur un emplacement idoine d’un de nos projets. Il existe quatre types de bâtiments, permettant d’accumuler différents symboles, servant lors du décompte final.

À la fin d’une manche, après avoir posé trois cartes donc, a lieu un affrontement, dans une ligne et/ou colonne des plateaux. Le joueur y possédant le plus de symboles militaires obtient trois points de victoire, alors que celui en ayant le moins y place un jeton de dégâts. Si deux de ces jetons se croisent, le bâtiment à l’intersection est détruit.

La partie prend fin après la troisième manche, quand tous les plateaux sont pleins. Les joueurs additionnent différents types de points de victoire, depuis leur plateau et leurs projets complétés, et celui en cumulant le plus l’emporte.

Pourquoi c’est bien

Comme expliqué en introduction, on passe totalement à côté de la thématique proposée par . Elle est expédiée en quelques lignes rapides au début du livret de règles et rien pendant la partie ne nous permet de nous y transporter.

Pourtant les illustrations des cartes sont très réussies, autant les projets que les bâtiments, colorées, tout en rondeur, et d’inspiration asiatique. Avec de petits personnages vaquant à leurs occupations quotidiennes, qui donnent vie aux cartes.

Mais peu importe finalement, puisque l’intérêt du jeu est ailleurs. Nous sommes en présence d’un petit jeu de draft, malin, rapide, et aux choix nombreux. Il est même tellement rapide que vous serez surpris de la vitesse à laquelle arrive le décompte final lors de votre première partie.

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Source : Bankiiiz Éditions

Cela rend les choix encore plus importants, voire décisifs. Et ils sont nombreux. Entre la gestion des affrontements, et le choix de la carte pour son bâtiment ou pour les moitiés de sources qui s’y trouvent, chaque décision est cornélienne.

Un jeu de draft simple et malin, accessible à tous

La simplicité des règles et la rapidité des parties ne sont d’ailleurs pas sans rappeler Draftosaurus, notre coup de cœur d’il y a deux semaines. Les deux jeux s’adressent presque au même public, avec une complexité légèrement supérieure dans  concernant le décompte de fin de partie, le rendant de fait moins accessible aux plus jeunes. Dans tous les cas, les deux jeux, malgré leurs points communs, ne font absolument pas doublon.

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Un bâtiment commercial // Source : Bankiiiz Éditions

Les parties à deux nous ont paru un peu fades, pas vraiment passionnantes. C’est à partir de trois et jusqu’à cinq que prend tout son intérêt. C’est là que l’interaction, sur les affrontements essentiellement, est la plus marquée. Et comme généralement dans les jeux de draft, la durée des parties reste relativement constante, quel que soit le nombre de participants.

Le jeu propose également un mode solo, contre un adversaire fictif, via une mécanique plutôt bien trouvée, où chaque décision pèse dans le résultat final. Même si nous ne sommes pas forcément friands des modes solitaires, il faut avouer que ça fonctionne plutôt bien ici. D’autant que le challenge est relevé. Ou peut-être sommes-nous mauvais, tant nos scores étaient pitoyables…

Bref, est dans la même veine que Draftosaurus : un jeu de draft simple et malin, accessible à tous (même s’il faudra aider les moins habitués lors du décompte final), et aux parties rapides permettant d’en faire plusieurs à la suite. Pourtant les deux jeux ne sont pas redondants, chacun apportant ses touches bien à lui.

  •  est un jeu de Johan Benvenuto et David Paput
  • Illustré par Sylvain Aublin
  • Édité par Bankiiiz Éditions
  • Pour 1 à 5 joueurs à partir de 10 ans
  • Pour des parties d’environ 25 minutes
  • Au prix de 22,50 € chez Philibert

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