L'Allemagne a assoupli ses règles qui concernent la représentation de certains symboles anticonstitutionnels dans les jeux vidéo.

Les joueurs allemands vont bientôt avoir droit aux symboles nazis. Dans un communiqué publié le 9 août, la German Games Industry Association, équivalente du syndicat SELL en France, a annoncé que les œuvres vidéoludiques sont désormais traitées comme les autres.

Concrètement, cette évolution signifie que l’iconographie liée au IIIe Reich, entre autres représentations anticonstitutionnelles, sera autorisée dans les jeux vidéo à partir du moment où ils réunissent des conditions éducatives, artistiques et/ou historiques. L’Entertainment Software Self-Regulation Body — ou ESK — sera chargé de statuer au cas par cas au moment de la classification.

Wolfenstein II : The New Colossus // Source : Bethesda

Wolfenstein, grand gagnant

En raison de l’intransigeance du gouvernement allemand, les studios devaient auparavant censurer leurs productions. Une licence en particulier en a beaucoup pâti : Wolfenstein, ouvertement définie comme antinazi. Dans le dernier épisode en date, sous-titré The New Colossus, Bethesda a même dû modifier une séquence clef qui s’articule autour d’une rencontre avec Hitler. En somme, il n’était pas seulement question de masquer des croix gammées, mais aussi de supprimer tout élément susceptible de rappeler la période.

Pour Felix Falk, directeur de la German Games Industry Association, c’est une immense victoire, « Cette décision est une étape importante pour le jeu vidéo en Allemagne. Nous avons longtemps fait campagne pour que les jeux puissent jouer un rôle dans la discussion sociale, sans aucune exception. » Il souligne : « Beaucoup de jeux produits par des développeurs créatifs et dévoués traitent de sujets sensibles comme l’ère nazie en Allemagne, et ils le font de manière responsable pour encourager la réflexion et la pensée critique. La nature interactive des jeux vidéo les rend légitimes pour animer les débats, et ils permettent de s’adresser à une audience jeune que les autres médias ne touchent pas. » 

Bien sûr, comme dans le cinéma, les studios devront se plier à la règle Sozialadäquanzklausel inscrite dans le Code pénal allemand. Elle correspond à une clause d’adéquation sociale et permet de ne pas autoriser tout et n’importe quoi. On surveillera donc la version allemande de Wolfenstein : Young Blood, annoncé à l’E3 dernier, avec attention.

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