Apple vient de passer un accord avec la célèbre présentatrice Oprah Winfrey sur plusieurs années pour qu'elle produise des contenus exclusifs à la plateforme. Cette nouvelle victoire pour Apple est symbolique de l'escalade dans la « guerre des talents » avec Netflix, Amazon, YouTube ou même Facebook. Mais pour quel résultat ?

Apple vient de décrocher une nouvelle star pour porter sa future offre de vidéo à la demande par abonnement. La marque à la pomme a signé un contrat avec la présentatrice américaine Oprah Winfrey pour créer des contenus inédits sur plusieurs années, a révélé le Hollywood Reporter (THR) le 15 juin 2018.

L’accord n’est pas exclusif car Oprah restera PDG de Oprah Winfrey Network (OWN) sa chaîne de télévision américaine, de laquelle elle est la présentatrice principale. D’après THR, elle sera en charge de créer des films, séries, applications et livres — en bref, tout sauf des podcasts. À noter que les contenus créés appartiendront au studio d’Oprah Winfrey, Harpo Productions, et que Winfrey n’aura le droit d’apparaître à l’écran que « de manière limitée », à cause de son contrat avec OWN.

Les limites de la guerre des talents

Qu’importent les conditions : Apple gagne indéniablement une nouvelle bataille dans la guerre des talents. Après avoir décroché Steven Spielberg pour un reboot de la série Histoires fantastiques (il sera producteur et non réalisateur), la firme de Tim Cook a également emporté les enchères pour produire une série exclusive avec Reese Witherspoon et Jennifer Aniston, que Netflix cherchait ardemment à acquérir, comme l’a récemment confirmé Vulture. Pour l’emporter, Apple a même accepté de commander deux saisons de la série… alors même qu’aucun script n’était encore écrit.

Avec Oprah, Apple s’offre une tête d’affiche et, pour la première fois, un partenariat sur plusieurs années, qui a vocation à porter les offres de SVoD d’Apple dans le temps. À ce jour, on ne sait toujours pas précisément à quoi va ressembler le service de vidéo à la demande de la firme à la pomme ; s’il sera incorporé à Apple Music ou une plateforme à part.

Spielberg CC Gage Skidmore

Ce qui est sûr, c’est que le fabricant de smartphones et ordinateurs ne compte pas laisser Netflix, Amazon et Hulu dominer le marché de la vidéo à la demande, et que l’on assiste actuellement à une escalade des investissements de la part de nombreux nouveaux acteurs qui souhaitent entrer dans la danse comme Facebook, YouTube ou Apple.

Les stars, c’est bien, les contenus, c’est encore mieux

Alors que Netflix prévoit 8 milliards de dollars d’investissement (création de contenus originaux et rachat de droits de diffusion inclus) en 2018, la multinationale aux 125 millions d’abonnés dans le monde a aussi une très lourde dette (plus de 6 milliards aujourd’hui). Apple quant à lui, arrive avec un avantage sur ses concurrents : la multinationale dispose de beaucoup de liquidités, qu’elle est prête à investir massivement pour rattraper son retard. Elle compte ainsi dépenser 1 milliard de dollars sur l’année, alors qu’elle n’a même pas encore de plateforme définie.

Cette course à celui qui décrochera les plus grandes star a un sens, car les plateformes ont besoin de produits d’appels pour attirer les spectateurs. Mais il ne s’agit que d’un facteur parmi d’autres alors que la bataille pour le marché de la vidéo en ligne se fait sur plusieurs fronts. Aussi, Netflix et Amazon créent un maximum de contenus originaux, pour avoir de quoi retenir les spectateurs une fois qu’ils se sont abonnés, au lieu de les voir arrêter leur abonnement après un mois d’essai gratuit.

Shonda Rhimes TED

C’est pour cela qu’au-delà des noms (Netflix a signé Shonda Rhimes et Ryan Murphy, deux des stars de la télévision US actuelle), les plateformes ont besoin de beaucoup de volume, pour fournir un épais catalogue. Netflix vise ainsi les 700 nouveaux contenus en 2018. À ce jour, Apple n’a que 2 programmes diffusés, et une quinzaine en préparation.

Crédit photo de la une : Wikimedia Commons

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