Mise en ligne le 23 avril sur Netflix, la série animée Stranger Things : Chroniques de 1985 prend place entre les saisons 2 et 3 de Stranger Things. On retrouve nos kids préférés alors qu’Eleven vient de parvenir à fermer pour la première fois le portail vers le Monde à l’envers et qu’elle vit avec le shérif Hopper, devenu officiellement son père adoptif.
Mais notre héroïne et ses amis – Mike, Will, Lucas, Dustin et Max – ne vont pas profiter très longtemps de l’accalmie. Alors qu’ils se lient d’amitié avec la jeune punk Nikki, une nouvelle venue qui ne manque pas de ressources, il semblerait que de nouvelles espèces de Demogorgons aient trouvé le moyen de survivre loin du Monde à l’envers. Et elles ont peut-être été aidées par quelqu’un…
L’ADN de Stranger Things préservé
Rien que d’entendre les premières notes du générique de Stranger Things – en fait une version alternative réminiscente des sons de jeux vidéo des années 80 – nous met du baume au coeur ! Il faut bien quelques minutes pour accepter les nouveaux visages des protagonistes, à la fois animés et rajeunis, comparés à la saison 5 de Stranger Things vue il y a peu de temps. Une fois cet ajustement réalisé, on plonge avec délectation dans ces nouvelles aventures enneigées à Hawkins.
Eric Robles, le créateur de cette série d’animation pour petits et grands, a conservé tout ce qui fait le sel de la série originale, à commencer par sa vibe années 80. De Star Wars à Carrie au bal du diable, en passant par Mad Max ou Les Dents de la mer, Stranger Things : Chroniques de 85 multiplie les références à la pop culture des eighties, pour notre plus grand plaisir !

Certaines séquences d’actions – les enfants qui empruntent un effrayant tunnel aux allures de toboggan comme dans Les Goonies, ou Max et Lucas qui partent à la recherche d’un ballon rouge dans les égouts pour une ambiance très Ça – sont des hommages direct aux films américains avec lesquels la génération des Millenials a grandi. La production n’a pas lésiné non plus sur un autre aspect très important de la série mère, sa bande-son. Vous entendrez des standards rock et new-wave tout droit sorti des années 80, comme le groupe A Flock of Seagulls.


Visuellement, la série Stranger Things : Chroniques de 85 bénéficie d’un design soigné, avec une esthétique qui fait la part belle aux couleurs fluo et à une photographie lens flare. Le studio d’animation australien Flying Bark Productions, à qui l’on doit aussi la série d’animation What If…? (trois saisons sur Disney +) a fait de l’excellent travail.

Le choix de la faire la 3D peut sembler contre-intuitif – l’histoire se déroulant au cœur des années 80 – mais cela donne une série unique en son genre, qui nous régale en scènes d’action. Mention spéciale au « Démo-requin » qui sème la panique dans les rues de Hawkins et à la course-poursuite de Max et Lucas au milieu des « Démo-citrouilles » !
Quoi de neuf à Hawkins ?
Si l’univers familier de Hawkins et ses attachants personnages enfantins sont de retour, Eric Robles ménage quelques nouveautés. Parmi les nouveaux protagonistes, l’arrivée de Nikki et sa mère, le professeur Baxter, sont les plus notables. Nikki est une jeune punk un peu sauvage, habituée à déménager constamment au gré des besoins de sa scientifique de mère, obsédée par… les plantes. Au contact de Will, qu’elle appelle affectueusement « Zombie boy », Nikki va découvrir les délices de l’amitié.

Avec ses talents de bricoleuse et son esprit combatif face au danger, Nikki se révèle un excellent ajout à la bande des kids que l’on connaît déjà. Le fait que ce personnage féminin soit physiquement différent de Max et Eleven – les cheveux courts et plus massive – ajoute une diversité bienvenue. Toutes les petites filles ne sont pas des brindilles et c’est ok !
A part la mère de Nikki, les adultes sont plus en retrait que dans la série mère. Le shérif Hopper apparaît au début et à la fin de cette première saison composée de dix épisodes, et les adolescents – Nancy et Steve – ne font que de brèves apparitions.

Visant un public jeune en priorité, la série animée se concentre sur la bande d’enfants, qui décide de créer, sous l’impulsion de l’impayable Dustin, le « Hawkins Inspecteur Club ». Son but ? Récolter des informations sur de nouvelles espèces de Demogorgon qui prennent l’aspect de citrouilles maléfiques ou de dinosaures à triple mâchoire.
Les nouveaux monstres dérivés des Demogorgon se révèlent une véritable réussite. Le dessin animé les rend véloces et leur confère un aspect fluo qui marche bien visuellement. Ils évoluent dans des endroits inexplorés de la série mère, comme une fête foraine ou une scierie.
Un effet de redite

Si vous aimez la série originale, vous ne serez pas dépaysés avec Stranger Things : Chroniques de 1985, variation de l’univers et de sa mythologie sur le même thème. La série animée reste fidèle à l’esprit de la série mère, jusque dans sa structure narrative. Cette nouvelle aventure met les kids face à une espèce de plante maléfique issue de spores venus du Monde à l’Envers. Sans trop en dévoiler, le fin mot de l’histoire inclut un scientifique peu scrupuleux et Eleven vient faire le ménage, comme toujours !
La série ne prend pas de grands risques, jusque dans ses duos : on retrouve Max et Lucas et leur idylle naissante, Eleven et Mike (toujours le plus agaçant du groupe), Dustin qui fait le clown au milieu et reste le personnage le plus savoureux… Seul Will a le droit a une nouvelle dynamique avec Nikki, qui se fait une place dans le groupe.

Logiquement, la série animée souffre des mêmes défauts que la série mère. Des schémas répétitifs et une répartition discrètement genrée des actions. Elle semble paritaire en surface, mais à y regarder de plus près, les stratégies et décisions appartiennent toujours aux garçons de la bande. Les scénaristes en ont tout de même un peu conscience : Max répète plusieurs fois à Lucas qu’elle peut se débrouiller toute seule. Et Eleven s’énerve contre Mike, qui prend des décisions à sa place sous prétexte de la protéger.
La magie des dessins animés des années 80
Malgré ces bémols et une recette parfois trop bien huilée, on ne va pas bouder notre plaisir de retrouver Eleven, Dustin, Lucas, Max et Will dans de nouvelles aventures à déguster de préférence le matin, avec son bol de céréales pour un effet nostalgie garanti !

Avec Stranger Things : Chroniques de 1985, les frères Duffer, qui produisent la série, avaient pour ambition de recréer l’ambiance des dessins animés diffusés le samedi matin dans les années 80. La mission est accomplie et s’assortit d’un message toujours aussi fort sur le pouvoir des outsiders, les bienfaits de l’amitié et l’importance de garder la porte ouverte aux nouvelles personnes qui pourraient rentrer dans votre vie.
Cette première saison devrait globalement ravir les fans de la franchise (d’autres spin-offs de Stranger Things sont prévus), qui découvriront leurs personnages adorés sous un nouveau jour, avec les mêmes voix en doublage français (en revanche, elles sont différentes pour le doublage en version originale). On serait très étonnés de ne pas voir ces Chroniques de 1985 renouvelées pour une deuxième saison.
Le verdict

Stranger Things: Tales from ’85
Voir la ficheOn a aimé
- Un vrai plaisir nostalgique avec des références à la pop culture des années 80
- Une animation soignée et dynamique
- L’arrivée de Nikki, un nouveau personnage très chouette
- De nouveaux « Demo-monstres » divertissants
On a moins aimé
- Un manque de prise de risque
- Des dynamiques en duo vues et revues
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