Développé par Tarsier Studios, à qui l’on doit les premiers épisodes de la saga Little Nightmares, Reanimal se distingue par son ambiance terriblement lugubre, mais artistiquement incroyable. On y a joué, y compris en coopération. Notre test.

Célèbre pour avoir développé les deux premiers volets de la trilogie Little Nightmares, Tarsier Studios reste attaché à sa formule. En l’occurrence : mettre des héros innocents, aka des enfants, face à des atrocités immondes, au sein de décors lugubres. Passé sous pavillon THQ Nordic, le développeur ne déroge pas à sa philosophie avec Reanimal, disponible sur PS5, Xbox Series S, Xbox Series X, Nintendo Switch 2 et PC.

Reanimal s’articule ainsi autour d’un frère et d’une sœur, perdus au beau milieu d’une île que vous ne recommanderez même pas à votre pire ennemi. Dans ce qui ressemble à un véritable enfer, ils partent à la recherche de leurs amis disparus, tous en quête d’une échappatoire vers un avenir plus brillant. C’est tout ce que l’on vous dira sur l’histoire de Reanimal, qui opte pour une narration volontairement cryptique, cradingue, et dérangeante, nantie de quelques références aux monuments de l’horreur et de l’épouvante (l’ombre de Hitchcock n’est jamais très loin). Le tout avec une violence sans concession, à la limite du morbide et de l’écœurement.

Jouez à Reanimal en coopération, c’est encore mieux

Pas de split-screen

Dans Reanimal, l’écran ne se scinde jamais en deux, en raison d’une caméra dynamique qui s’adapte aux mouvements des héros. Gare à ne pas trop s’éloigner l’un de l’autre tout de même.

Reanimal est un jeu de petites interactions, nichées dans un grand saut vers l’inconnu, avec une angoisse absolue. L’idée directrice est de s’imprégner de son ambiance tout bonnement saisissante, à la fois mélancolique et délétère à souhait. On a envie d’avancer pour sauver le Garçon et la Fille. On a tout autant envie de reculer pour aller chercher un coin de quiétude, où peut-être se trouvera un peu de beauté dans ce monde gangréné par l’horreur sous toutes ses formes. Visuellement, Reanimal assure un sacré spectacle.

Reanimal n’est en tout cas pas un Little Nightmares 3 qui s’ignore.

Artistiquement, la claque est bien plus grande encore : on s’arrête pour admirer ses formidables jeux de lumière (y compris les ombres), ses plans de caméra intelligemment placés, ses décors richement détaillés, son travail sur les textures et ses animations d’une précision touchante (quand les deux enfants s’aident à se relever ou se câlinent après un game over). Loin d’une inspiration à la Tim Burton, Reanimal n’est en tout cas pas un Little Nightmares 3 qui s’ignore.

Reanimal // Source : Capture PS5
Un lien fort unit les deux héros de Reanimal // Source : Capture PS5

Il est d’ailleurs intéressant de noter que Reanimal raconte beaucoup plus avec ce qu’il transmet par les images et la bande-son, comme autant de marques garantissant une immersion totale. Vous risquez de vous arrêter souvent — quand le jeu le permet — pour admirer et contempler ces environnements variés. Ils ne sont peut-être pas accueillants, mais Tarsier Studios parvient à siphonner de la poésie dans cet enfer aux allures d’ancien paradis perdu. On le parcourt à pied, bien sûr, mais aussi à bord d’un bateau plongé dans la brume, illuminé des lumières — très — rouges qui servent de guides de fortune.

Reanimal // Source : Capture PS5
Les effets de lumière sont prodigieux // Source : Capture PS5

Vous l’aurez sans doute compris, Reanimal est une expérience pensée pour deux, l’un incarnant le Garçon, l’autre la Fille. Il y a même un Pass Ami pour pouvoir jouer en coopération en faisant l’acquisition d’une seule copie du jeu (une excellente nouvelle pour favoriser le genre). On peut quand même y jouer seul, l’autre personnage étant alors géré par une intelligence artificielle qui suit plutôt bien l’action. Il n’empêche, on vous recommande de vivre Reanimal en duo, si possible sur un même canapé. Partager les peurs, vivre les moments de haute tension, respirer pendant les temps morts : le jeu se vit beaucoup mieux ensemble, même s’il y a finalement assez peu de situations exploitant le potentiel d’un casting en binôme. Quand il y en a, elles n’ont rien d’inoubliable, puisque vues des milliers de fois (exemple : faire la courte échelle). Reanimal n’est pas It Takes Two, et trouve sa voie ailleurs. On notera juste quelques problèmes de visibilité çà et là, puisqu’on ne distingue pas toujours qui est qui dans cette atmosphère ô combien sombre.

Reanimal // Source : Capture PS5
Admirez le niveau de détails et le travail sur les ombres // Source : Capture PS5

En dépit d’un gameplay simpliste (courir, se baisser, interagir, taper, sauter), Reanimal parvient à trouver une diversité enivrante dans les différents chapitres qui composent une aventure bouclée en quelques heures (4 à 6, selon son niveau). On a l’occasion d’affronter des créatures immondes, ou plutôt d’y échapper. En cela, Reanimal est un jeu vidéo captivant, qui procure des sensations fortes, des montées de stress, quelques pistes de réflexion… Il n’est jamais frustrant, alors qu’il tombe parfois dans le Die & Retry le temps de comprendre comment s’en sortir.

Autre petite déception : on aurait aimé avoir quelques clés de compréhension supplémentaires, ne serait-ce que pour s’abandonner totalement. On sent que Tarsier Studios a privilégié le rythme au reste. On perçoit surtout qu’il en a gardé sous le pied pour ses trois futures extensions, déjà vendues dans un Season Pass. C’est gourmand pour un jeu aussi court.

Le verdict

Désormais éloigné de la saga Little Nighmares, dont il n’a pas réalisé le troisième opus, Tarsier Studios conserve la même philosophie avec Reanimal. Plus brut, plus cauchemardesque, il s’appuie sur une direction artistique prodigieuse, qui en met réellement plein la vue et plonge au plus près de l’enfer. Reanimal est pensé pour être joué à deux, en donnant la possibilité de se s’immerger ensemble dans l’horreur, dans la peau d’un frère et d’une soeur au lien immense. En résulte une aventure rythmée qui séduit par ses moments de tension, mais qui laisse un tantinet sur sa faim en raison d’une narration cryptique et d’une durée de vie bien courte. Spoiler : des DLC sont déjà prévus.  
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