Taxé de sexisme par certains, Stellar Blade fait débat. À tel point qu’un magazine coréen s’amuse à donner des leçons sur la beauté féminine.

La polémique Stellar Blade est en train de prendre une ampleur pour le moins étonnante. Le jeu d’action coréen, à paraître le 26 avril 2024 sur PlayStation 5, divise en raison de l’hypersexualisation de son héroïne. D’un côté, il y a ceux qui ne voient pas le problème, taclant la bien-pensance. De l’autre, il y a le camp qui condamne cette représentation sexiste de la femme, via une héroïne aux formes mises en avant par des tenues sexy et/ou des plans de caméra.

Les développeurs assument à 100 % le design d’Eve, personnage principal de Stellar Blade, arguant qu’il s’agit d’un idéal destiné « à un public adulte ». Difficile de ne pas y voir une obsession aux relents pervers, comme les productions asiatiques savent si bien en offrir (regardez les images des jeux Dead or Alive). Le débat est tellement vif qu’il a traversé les frontières pour se retrouver sur une chaîne YouTube coréenne : le magazine Maxim Korea, qui pèse plus de 1,1 million d’abonnés, s’amuse à publier des vidéos dans lesquelles il nous explique ce qu’est une belle femme, défendant alors Stellar Blade et l’image qu’il véhicule.

Ce n’est pas le physique de l’héroïne de Stellar Blade qui pose problème

Stellar Blade sera-t-il un bon jeu d’action ?

Une démo jouable de Stellar Blade est disponible sur PS5. Elle permet de découvrir les graphismes incroyables du jeu et met en avant un gameplay réussi. En somme, la première impression est bonne.

Tout est parti d’un article de nos confrères d’IGN France. Dans sa preview publiée le 27 mars (et éditée depuis), le média a condamné le physique d’Eve, initialement décrit comme « une poupée sexualisée par quelqu’un qui n’a jamais vu une femme. » Une phrase maladroite et un tantinet provocatrice, qui passe mal alors qu’Eve a été modélisée à partir d’un mannequin. Erwan Lafleuriel, rédacteur en chef d’IGN France, s’est justifié dans les forums : « Le problème n’est pas le design sexy en lui-même (…), mais le pourcentage de mâles qui ne vont vouloir que ce type de corps fictif dans la réalité. Évidemment, on comprend bien que ça ne choque pas les gens qui pensent que les femmes sont des objets qui doivent obéir et être battues. »

IGN France a été massivement cité — voire moqué — après cet article pour lequel il s’est ensuite excusé. « IGN France a produit et publié une preview de Stellar Blade contenant un passage offensant qui n’aurait jamais dû être conservé. Le texte est à présent modifié et voici nos excuses officielles auprès du personnel du studio Shift Up Corporation », peut-on lire dans un encart. La phrase a été remplacée par : « Eve de Stellar Blade est juste fade ».

Maxim Korea vise IGN France directement dans une vidéo intitulée « Qui a un corps réaliste ici ? » et publiée le 6 avril. Dans laquelle l’entreprise coréenne, qui prêche forcément pour les valeurs artistiques et culturelles de son pays (un pays où la beauté est importante et où la chirurgie esthétique est plébiscitée), nous donne un petit cours sur ce qu’est un physique réaliste. « Est-ce qu’un personnage créé à partir du corps d’une vraie personne peut être considérée comme irréaliste ? », s’interroge la présentatrice. C’est clairement la formulation d’IGN qui pose souci, alors que ce n’est pas vraiment le sujet.

Le mannequin Shin Jae-eun Eve dans Stellar Blade

Au fond, le principal problème de Stellar Blade n’est pas le physique de son héroïne, bien qu’on pourra accuser les développeurs de forcer le trait par rapport au modèle de base. Si on regarde certains clips de motion capture de Shin Jae-eun, on peut voir que son physique n’est pas tout à fait celui d’Eve. Son visage est remplacé (il est plus juvénile), tandis que ses mensurations semblent avoir été exagérées (les fesses, notamment). Il y a une notion de perfection trafiquée, qui donne une mauvaise représentation.

La tenue Skin Suit dans Stellar Blade // Source : Twitter
La tenue Skin Suit dans Stellar Blade // Source : Twitter

Le principal problème de Stellar Blade tient dans la manière dont le studio Shift Up met en avant le physique parfait de l’héroïne et les leviers de communication qu’il utilise. Ainsi, on pourra habiller Eve à sa guise, avec des dizaines de tenues plus ou moins aguicheuses (exemple : le costume d’écolière). C’est là où on peut rejoindre l’argument initial d’IGN France : Eve sera une poupée susceptible d’assouvir certains fantasmes. Shift Up est même aller jusqu’à intégrer une tenue couleur peau (« Skin Suit »), donnant alors l’impression d’incarner une femme nue — elle retire le bouclier, ce qui accroît la difficulté. Le 8 février, un tweet montre la tenue qui sera intégrée à l’édition Deluxe. Résultat ? Un gros plan sur la poitrine, avec l’animation des seins qui va bien. Sans oublier la mise en scène du jeu qui adore insister sur les attributs physiques des protagonistes féminins.

7/10
Stellar Blade Lire le test
Il n’y a pas d’offres pour le moment

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez les suivants : ne les manquez pas en vous abonnant à Numerama sur Google News.