La saison 4 de Stranger Things est au cœur des discussions de sériephiles depuis son épisode final. Si la série adolescente est avant tout un excellent divertissement, elle cache également une réflexion plus profonde sur la dépression. Attention, spoilers !

C’est LA séquence qui a fait parler les fans pendant des semaines : la course contre la montre de Max, sur la merveilleuse musique de Kate Bush, Running Up That Hill. Globalement, cet épisode 4 de la saison 4 de Stranger Things représente un point culminant de la série, disponible sur Netflix.

Si l’épopée adolescente avait déjà abordé le trauma et le deuil dans ses précédentes saisons, la créature diabolique de ces nouveaux épisodes semble être une métaphore parfaite et bouleversante de la dépression. Attention, spoilers dans la suite de cet article sur la quatrième saison de Stranger Things.

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Vecna, métaphore touchante de la dépression

Dans Dear Billy, le quatrième épisode de cette nouvelle saison, la jeune Max est au cœur de l’intrigue. Rongée de culpabilité après la mort de son frère, elle comprend rapidement qu’elle est la prochaine cible de Vecna, le grand méchant loup de la saison. À l’aide de Dustin, Lucas, Steve et les autres, elle comprend également que Vecna ne choisit pas ses victimes au hasard : toutes ont vécu des traumatismes passés, hantées par un soupçon de culpabilité. Elles ont également en commun de consulter la psychologue du lycée.

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Stranger Things aborde la dépression dans sa quatrième saison // Source : Netflix

Ce ressort narratif est loin d’être anodin : avec ce parti pris, Stranger Things érige Vecna comme une métaphore de la dépression et des traumas. Les symptômes provoqués par ce grand méchant ressemblent ainsi fortement à certains épisodes expérimentés par les personnes dépressives : cauchemars à répétition, maux de tête persistants… Dès le début de la saison, il est d’ailleurs clair que Max est en phase dépressive, évitant à tout prix ses amis du passé et s’enfermant dans un isolement malsain.

Une maladie personnifiée, donc bien réelle

Là où la série excelle, c’est dans sa subtilité et sa force dans le traitement du sujet. Dans une séquence éprouvante, l’adolescente écrit ainsi des lettres à tous ses proches, comme un dernier adieu. Elle écrit ainsi à son frère, Billy, décrivant sa culpabilité de ne pas avoir réussi à le sauver. Une technique régulièrement utilisée en thérapie, pour confronter des patients à leurs traumatismes.

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La dépression est personnifiée, réelle // Source : Netflix

Une intrigue qui culmine évidemment dans la scène où Max est confrontée à Vecna, à la fin de ce fameux épisode 4. Tandis que l’adolescente rebelle maintient à ce monstre un brin dégoûtant qu’il n’est pas réel, on ne peut s’empêcher de penser à la façon dont la dépression est régulièrement mise de côté, notamment par les proches des personnes malades. Souvent considérée comme un mal invisible, imaginaire, ou anodin, la dépression est ainsi rarement prise au sérieux.

Stranger Things prend le contre-pied de ces croyances encore malheureusement relativement populaires et personnifie au contraire les troubles psychiques comme une entité bien réelle, aux sérieuses conséquences.

All You Need is Love

Mais alors que Max pourrait bien sombrer dans les bras de Vecna, la série nous montre un aspect beaucoup plus lumineux et absolument déchirant, qui a touché de nombreux fans concernés. Évidemment, rappelons que la dépression est une véritable maladie, qui nécessite une prise en charge par des professionnels de santé.

Mais Stranger Things fait du bien en mettant en avant le pouvoir de la culture, mais aussi celui de l’amour et de l’amitié pour remonter la pente et « Running Up That Hill ». Cette chanson de Kate Bush, utilisée dans cette scène déjà culte, semble être écrite spécialement pour l’occasion, tant elle colle parfaitement à la situation.

C’est grâce à cette musique lancée dans les oreilles de Max que la jeune lycéenne parvient à se raccrocher à ses relations avec ses proches et ainsi à reprendre le dessus sur Vecna. On pourrait argumenter que cette pirouette scénaristique semble trop cheezy et un brin facile. Pourtant, elle permet d’offrir un climax mémorable à l’intrigue de Max et une porte de sortie, au moins temporaire, à laquelle de nombreuses personnes dépressives peuvent s’identifier.

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La série montre une porte de sortie lumineuse à la dépression // Source : Netfli Lax

Mais Stranger Things a l’intelligence de ne pas résoudre si facilement l’affaire. La série nous montre ainsi Max constamment sur le qui-vive jusqu’à la fin de la saison, gardant Kate Bush près d’elle pour éviter une quelconque rechute ou un retour de Vecna. Évidemment, le plan ne va pas tout à fait se passer comme prévu, et l’ultime épisode est très douloureux à regarder. Mais, surveillée en permanence par sa bande d’amis (magnifique « I see you » de Lucas), Max nous touche et nous rappelle l’importance de donner de l’attention et de l’amour à nos proches, peu importe les démons qui les appellent.

Source : Montage Numerama

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