Une enquête a été lancée contre le studio d'Ubisoft à Singapour, connu pour avoir co-développé plusieurs jeux à succès. Le studio est visé par des accusations de discrimination et de harcèlement sexuel.

Ubisoft est dans la tourmente à Singapour, a appris le journal local The Straits Times. Le studio de 500 personnes, qui a notamment été en charge du co-développement d’Assassin’s Creed Valhalla, est visé par une enquête déclenchée par la Tripartite Alliance for Fair and Progressive Employment Practices (Tafep), l’agence nationale en charge de défendre le droit des travailleurs du pays.

L’enquête a été lancée après que la Tafep a reçu des plaintes de la part d’employés, qui évoquent des cas de harcèlement sexuel et de discrimination, a appris The Straits Times. L’agence gouvernementale « encourage vivement toute personne qui aurait connaissance d’éléments à témoigner », est-il écrit dans le journal.

Assassin’s Creed Valhalla // Source : Ubisoft

Ubisoft risque des sanctions

Si l’enquête de la Tafep en venait à conclure qu’Ubisoft est coupable de discriminations et de harcèlement sexuel, le groupe pourrait avoir de sérieux problèmes à Singapour. Le gouvernement pourrait ainsi bloquer les nouvelles demandes de visa pour les employés du studio, ou refuser de les renouveler.

Pour ce qui est des plaintes portant sur des cas de harcèlement sexuel, si les faits sont avérés, les coupables pourraient être condamnés à verser des amendes et à des peines de prison, explique The Straits Times. Les coupables pourraient même être condamnés à recevoir des coups de cannes, une punition corporelle toujours en cours à Singapour, et fréquemment appliquée.

« Il est primordial de reconnaître et de pouvoir parler de ce qu’il se passe au sein des studios et de notre industrie », a commenté Darryl Long, le directeur du studio d’Ubisoft depuis janvier, lors d’une conférence de presse consacrée aux accusations, rapporte The Straits Time. « Nous devons changer la façon dont nous agissons en interne et la façon dont nous sommes perçus ».

Contacté par Numerama, Ubisoft a déclaré être « au courant du retour fait à la Tafep  », mais n’avoir « rien à partager pour le moment. Chaque studio d’Ubisoft, et cela inclut Ubisoft Singapour, s’efforce de créer et de favoriser une culture dont les équipes et les partenaires puissent être fiers. Nous ne tolérons ni ne tolèrerons aucune discrimination ni abus. Nous apprécions notre culture internationale et nous nous assurons que nos équipes fassent partie intégrante de leur communauté locale respective. »

Une culture toxique

L’enquête du gouvernement arrive près d’un mois après la publication par Kotaku d’un article décrivant une ambiance de travail toxique au sein d’Ubisoft Singapour. Le média explique que les managers du studio auraient fait de la discrimination entre les employés français et les employés singapouriens, qui seraient beaucoup moins bien payés que les premiers. Le média américain rapporte également des témoignages de remarques déplacées, de comportements violents, menaçants et d’agressions sexuelles. Selon Kotaku, les services de ressources humaines n’auraient pas pris en charge ces problèmes et auraient tenté de les étouffer.

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