Presque un mois après la parution des premiers témoignages sur Twitter et une semaine après l'annonce de la démission de Serge Hascoët, directeur créatif, Ubisoft continue de faire le ménage. L'entreprise, qui vient également d'annoncer de nouvelles mesures pour mettre fin à la culture sexiste qui règne en son sein, a licencié le directeur adjoint des relations publiques.

Les départs continuent chez Ubisoft. Après l’annonce le 12 juillet de la démission de Serge Hascoët, ex-directeur créatif de l’entreprise et pointé du doigt dans les articles de Libération et de Numerama pour avoir instauré une ambiance toxique, c’est au tour du directeur des relations publiques de partir. Cependant, il ne s’agit pas cette fois d’une démission, mais bien d’un licenciement. Stone Chin, qui occupait jusque là le poste, a été remercié « la semaine dernière », comme il l’explique dans un texte, partagé le 21 juillet 2020 sur Twitter.

«  Mon employeur m’a expliqué que mon départ avait été décidé parce que je ne respectais pas le code de bonne conduite de l’entreprise. Les accusations d’agression sexuelle à mon égard n’ont rien à voir avec cette décision », précise-t-il.

Accusations d’agressions sexuelles

Lors de la vague de témoignages sur Twitter, à la fin du mois de juin, le nom de Stone Chin était en effet revenu de nombreuses fois. Les internautes rapportaient notamment sa façon « louche de faire du networking  », et les employés expliquaient se prévenir entre eux de ne « jamais se retrouver seuls avec lui ». L’un d’autre eux ira même jusqu’à le qualifier de « prédateur sexuel  ». Les histoires publiées ne sont pas les plus précises, mais Denny Von Doom, un streameur et l’un des principaux internautes à avoir partagé massivement les témoignages, a expliqué avoir choisi de ne pas publier toutes les histoires à son encontre afin de « préserver l’anonymat des victimes ». Les tweets, très vagues, ne font ainsi jamais mention d’une potentielle agression sexuelle. Le site spécialisé Gamasutra explique que Stone Chin était également accusé d’avoir abusé de sa position pour harceler les femmes, et que son comportement était connu de tout le monde dans les bureaux d’Ubisoft à San Francisco, où il travaillait.

Dans son message, Stone Chine aborde pourtant les accusations frontalement, dès les premières lignes. « Je nie les allégations d’agression sexuelle, datant de 2012, à mon égard. Ces accusations viennent d’une femme avec qui j’ai passé une soirée intime et consentie. Nous ne sommes pas allés jusqu’au rapport sexuel. Les jours et les semaines suivant cette soirée, nous avons discuté de mon comportement […]. Elle s’est sentie objectifiée par mon ton et mon manque de communication. Je croyais que nous nous étions depuis réconciliés. Son allégation est fausse. Mon employeur a depuis mené plusieurs enquêtes, et ne m’a jamais dit avoir trouvé quoique ce soit de répréhensible. »

Un management « passif agressif »

Il rajoute que ce ne sont pas pour ces accusations qu’il aurait été licencié, mais à cause de son style de management « passif agressif  » et son langage « irrespectueux envers ses subordonnés ». Surtout, il lui est reproché son comportement avec certaines collègues, qu’il aurait invité à prendre un verre. « Si elles déclinaient, elles sentaient ensuite que je les traitais de manière froide », explique-t-il.

Il annonce également reconnaître que son comportement a pendant des années « blessé des gens ». « Je n’ai pas pris en compte les dynamiques de pouvoir au sein de l’industrie, notamment au niveau du genre. Je n’ai pas toujours pensé aux conséquences de mes interactions avec les femmes, et je suis désolé d’avoir ignoré les combats auxquelles elles font face tous les jours. Je suis profondément désolé. J’espère avoir l’opportunité de m’excuser personnellement auprès des personnes touchées. »

Depuis le début du scandale sur l’entreprise, plusieurs manageurs ont été licenciés ou ont démissionné.Le directeur des studios canadiens Yannis Mallat et le directeur créatif Serge Hascoët ont démissionné de leurs poste et de l’entreprise le 12 juillet. Cécile Cornet, l’ancienne directrice monde des RH, a démissionné de son poste, mais pas de l’entreprise. Avant eux, Tommy François, un ancien vice-président avait été mis à pied, et Maxime Béland avait démissionné de son poste avec effet immédiat le 3 juillet.

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