Des utilisateurs passeraient par la case « bistouri » en demandant à ressembler à des filtres Instagram ou Snapchat. Pour y remédier, Instagram va sévir.

Vous êtes vous déjà senti plus beau, ou belle, avec un filtre Instagram ? C’est le cas de nombreux utilisateurs et utilisatrices de la plateforme, qui n’hésitent plus à avoir recours à des opérations de chirurgie esthétique pour y parvenir. L’entreprise a décidé d’interdire les filtres effet « chirurgie plastique » en conséquence, a-t-elle annoncé ce 18 octobre.

Le communiqué a été publié par Spark AR Community, la section dédiée aux développeurs et à la réalité augmentée sur Facebook et Instagram. Elle permet notamment de créer ses propres filtres — à condition de maîtriser un peu les outils de création en 3D.

Un filtre. // Source : Instagram

« Nous retirerons tous les effets associés à la chirurgie plastique de la galerie de filtres d’Instagram », a expliqué l’équipe. Elle prévient qu’en conséquence, la validation des filtres créés pourra prendre un peu plus de temps que d’habitude. « Pour le moment, nous ne pouvons pas vous donner la date exacte de la mise en œuvre de cette nouvelle politique, mais nous vous tiendrons au courant », est-il écrit. Les règles précises seront également publiées à ce moment-là.

Instagram a justifié le changement par sa volonté «  d’être une expérience positive ». «  Nous réévaluons nos politiques actuelles en lien avec le bien-être », indique le communiqué.

Des complexes générés ou accentués par les filtres

Sur Instagram ou Snapchat, certains filtres sont purement décoratifs et si éloignés de la réalité (animaux, masques futuristes, etc), qu’ils ne présentent pas vraiment de grands risques. D’autres peuvent avoir des effets plus pervers. Ils permettent par exemple de lisser la peau, d’allonger les cils, d’affiner un visage ou de masquer des tâches pigmentaires.

Ils ne sont plus seulement utilisés dans un but ludique. Des instagrammeurs et instagrammeuses s’en servent parfois en continu, pour parler à leurs fans. À terme, cela peut renforcer des complexes chez eux ou chez leurs abonnés, à qui une image faussée du corps humain est présentée.

Projet artistique de John Rankin Waddell. Photo d’illustration. // Source : John Rankin Waddell

Un surnom a été donné au fait de se penser imparfait ou imparfaite à cause de filtres. C’est la «  dysmorphie Snapchat ». On accuse les filtres de renforcer la pression notamment sur les femmes. Des chirurgiens racontent que de plus en plus d’utilisatrices de réseaux sociaux demandent à se faire opérer pour ressembler à la version « filtrée ». On ignore encore si des filtres vus comme « embellissants  » comme celui (très populaire) de l’influenceuse Kylie Jenner seront concernés.

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