Le Royaume-Uni avait pour projet d’empêcher les mineurs d’accéder à des sites pornographiques. Finalement, aucune solution satisfaisante n’a été trouvée pour y parvenir.

Le Royaume-Uni voulait empêcher les personnes mineures de regarder des vidéos pornographiques. Finalement, le pays a abandonné son projet de vérification d’âge. Il posait trop de problèmes, notamment au sujet de la vie privée, a rapporté Ars Technica ce mercredi 16 octobre.

Nicky Morgan, la secrétaire d’État au numérique, a publié un communiqué dans lequel elle explique la décision du gouvernement.

Elle indique que le Royaume-Uni ne forcera pas les sites pornographiques à vérifier l’âge des utilisateurs britanniques. Cette mesure faisait partie d’une loi sur l’économie numérique, annoncée par le Parlement en 2017. Elle devait entrer en vigueur dès 2018, mais sa mise en œuvre avait été retardée à plusieurs reprises. La dernière échéance en date avait été fixée au 15 juillet, mais de nouveau repoussée par le gouvernement — il s’était soudainement rappelé qu’il devait encore se conformer aux lois de l’Union européenne.

Des craintes pour la vie privée

Plusieurs solutions avaient été envisagées… et plusieurs problèmes avaient vite été soulevés. D’abord : comment faire avec les sites basés à l’étranger ? Le Royaume-Uni n’a pas le pouvoir de les obliger à se conformer à ses lois locales. Or cela représente la majorité des plateformes. Pour y remédier, l’ensemble des pays avait proposé de créer une sorte de « liste noire » des sites pornographiques. Tous ceux qui ne se conformeraient pas à ses exigences seraient bannis du pays. Cela posait problème car les adultes ne pourraient plus non plus accéder aux contenus. Par ailleurs, ce type de barrière est facilement contournable, avec un VPN par exemple.

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Image d'illustration.

Source : J Mark Dodds

Le respect de la vie privée posait aussi question. Les sites pouvaient choisir la méthode qu’ils souhaitaient pour vérifier l’âge. Certains auraient opté pour les numéros de carte de crédit ou de carte d’identité. Donner ce type d’informations sur un site pornographique, c’est prendre le risque de voir révélés des détails très intimes sur les internautes.

Nicky Morgan explique que ce seraient plutôt des problèmes d’agenda politique qui seraient en cause. Elle assure que malgré cet échec, le Royaume-Uni ne renonce pas tout à fait à ses objectifs, qualifiés d’« inébranlables ». « Cependant, le gouvernement poursuivra désormais ce but grâce à un programme de régulation en ligne », a-t-elle ajouté. Elle n’a pas précisé quel serait ce programme mais il devrait inclure le contrôle des réseaux sociaux.

En France, des élus ont soumis des projets similaires. Pour le moment, aucun n’a été suivi d’effets.

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